Par Jalel MESTIRI
Les équipes tunisiennes sont aujourd’hui attendues, beaucoup plus que dans le passé. Compte tenu de leur statut et de leur réputation, leurs exigences ne sont plus liées seulement au résultat, mais aussi à la manière. Elles ont de nouvelles significations. Elles jouent pour gagner, c’est une évidence, mais elles sont censées renforcer leurs effectifs. La qualité plus que la quantité.
Sur le marché local, l’offre ne répond pas vraiment aux aspirations. C’est pourquoi l’on a de plus en plus recours au recrutement de joueurs étrangers. La légion maghrébine est de plus en plus visée, compte tenu des faits que le profil des joueurs, surtout algériens, mais aussi à un degré moindre marocains, répond aux exigences du football tunisien. Fait nouveau, ou presque : les joueurs libyens sont de plus en plus dans le collimateur des clubs tunisiens. Certains débarquent même dans de grands clubs à l’instar d’El Houni à l’EST. L’équipe espérantiste n’est pas à sa première expérience avec les joueurs libyens. D’autres avaient déjà porté le maillot «sang et or» et avaient laissé leurs empreintes.
L’expérience a montré que les joueurs maghrébins ont suffisamment d’arguments et de moyens pour aspirer à une bonne place dans la compétition tunisienne. Certains ont même revendiqué une nouvelle ligne de jeu et de comportement, une nouvelle raison d’être pour leurs clubs. De l’inspiration, mais aussi de la rigueur. Les exemples sont nombreux et les noms ne seront pas oubliés de si tôt.
Aujourd’hui, le football n’est plus seulement une référence de jeu et de terrain, mais aussi et surtout d’adaptation, d’assimilation et d’accoutumance. Par rapport aux joueurs africains, la légion maghrébine s’adapte plus et mieux au football tunisien. C’est un constat qui n’a pas évidemment de valeur de règle absolue, mais il pousse à la réflexion. Bien des choses ont changé dans la compétition nationale grâce aux joueurs maghrébins. Dans les choix, dans les rôles. Cela ne nous empêche pas pour autant de retenir l’idée que de façon générale, les jugements que l’on se fait aujourd’hui sur le niveau de ces joueurs engendre tout d’abord une appréhension personnelle. Il faut dire aussi que la réussite de tel ou tel joueur, d’où qu’il vienne, dépend principalement des conditions dans lesquelles il évolue et des moyens dont dispose le club auquel il appartient.
Le football tunisien a besoin aujourd’hui que ses équipes avant-gardistes remettent la machine en marche. Il est facile de surfer sur la vague du rejet. Mais dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que des démagogues de tous bords concentrent leurs interventions sur les échecs et oublient les réussites. Ces démagogues doivent comprendre qu’un nouveau monde est né, que de nouvelles perspectives se dessinent. L’on sait que derrière tout recrutement se cachent toujours des incertitudes.
Les équipes tunisiennes ont pratiquement essayé presque tous les profils de joueurs étrangers. L’histoire nous a souvent offert de bien édifiants exemples. Il n’en demeure pas moins que les possibilités et les limites d’une nouvelle recrue dépendent de la manière avec laquelle on favorise son intégration. Et comme toujours, elles tiennent de l’idée que l’on se fait du jeu et des approches à la fois techniques et tactiques. Au-delà des constats et des jugements, il devrait forcément y avoir une véritable recomposition des priorités de la définition des rôles et exigences compétitives. En somme tout ce qui est de nature à permettre aux joueurs de s’attacher davantage au terrain. Quel qu’en soit le contexte…

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