Parmi les organismes de formation pour dirigeants les plus connus, il y a lieu de citer les chambres de commerce et d’industrie, les chambres des métiers, les centres de gestion et les organismes professionnels


de formation spécialisés.

D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), dans les économies fondées sur le savoir, les performances des entreprises dépendent de la mise à jour des compétences de toutes les catégories d’employés, y compris des cadres et des chefs d’entreprise. Les formations permettent aux porteurs de projet et aux chefs d’entreprise d’acquérir certaines compétences clés, d’actualiser leurs connaissances, de suivre les tendances du marché, mais aussi de rencontrer et d’échanger avec leurs pairs.

A l’ère de la nouvelle économie, basée sur des technologies en constante évolution et des économies mondialisées, les entreprises se voient de plus en plus obligées de réorganiser leurs structures afin d’améliorer leur capacité d’adaptation et leur flexibilité. Cela est vrai aussi bien pour les grandes que pour les petites entreprises, dont les performances dépendent de plus en plus de la structure de la direction, qui est décentralisée, participative et a une grande capacité d’adaptation. Selon l’étude de l’Ocde portant sur les PME à forte croissance, un bon management est l’un des éléments clés permettant d’améliorer les performances : « Il est frappant d’observer la grande variété d’instruments de gestion et d’organisation mis en place par les entreprises à forte croissance. Ces instruments ne sont plus l’apanage des grandes sociétés. Plus que l’innovation elle-même, le facteur essentiel de la compétitivité d’une entreprise est une meilleure organisation du processus d’innovation et d’autres fonctions », mentionne l’étude.

Il y a toujours quelque chose à apprendre !

Dans quel métier peut-on considérer qu’il n’y a rien à apprendre, ou qu’il n’est pas possible de progresser ? Ce n’est certainement pas dans celui de dirigeant ! Lorsqu’on lance une entreprise, il est indispensable de réunir toutes sortes de casquettes et de ne pas se contenter d’une ou deux compétences apprises lors de ses études ou de son parcours professionnel de salarié, estime Ahmed, formateur dans un organisme professionnel de formations spécialisées. « Parmi les matières phares à maîtriser : le juridique, l’aspect commercial, la communication pour gérer sa présence en ligne ou sur les réseaux sociaux, ainsi que la gestion. Une dernière compétence essentielle pour pouvoir s’adapter rapidement aux marchés en constante évolution ».

Aussi, de nombreux organismes proposent des formations à la création d’une entreprise. Un porteur de projet peut ainsi se tourner vers les chambres de commerce et d’industrie, les chambres de métiers et de l’artisanat…

Ces compétences de base acquises, il ne faut pas pour autant délaisser les formations post création d’entreprise. Car les performances des sociétés dépendent de la capacité du dirigeant à évoluer lui-même et à conduire le changement. « Un dirigeant qui sait gérer son entreprise doit aussi explorer, chercher le cap et construire le futur de sa société. Il semble donc essentiel de se former en continu, tout au long de sa vie, aussi bien sur des domaines généraux pour accompagner le développement de l’entreprise (stratégie, réglementation) que sur des thèmes spécifiques et techniques portant sur leur domaine d’activité. Il faut constamment s’adapter», estime Ahmed.

Pour se distinguer de la concurrence

Un entrepreneur peut aussi s’intéresser à d’autres sujets pertinents comme la gestion du stress ou le management intergénérationnel. « Les dirigeants sont moins nombreux à se former après la création de leur entreprise, à cause de leur emploi du temps chargé. Ceux qui parviennent à se rendre disponibles recherchent des outils pour asseoir leur structure, conquérir de nouveaux clients, lever des fonds. Ils se tournent vers des formations où d’autres chefs d’entreprise plus confirmés viennent prodiguer des conseils », ajoute-il.

De son côté, Wassim, jeune dirigeant, estime que la formation lui permet d’évoluer pour mieux s’adapter à un environnement juridique, social et technique en perpétuel mouvement. «Outre les compétences techniques, le chef d’entreprise doit mener de front plusieurs domaines et maîtriser, en même temps, la législation en vigueur dans son secteur d’activité et suivre son évolution, la comptabilité et la tenir à jour, les nouvelles normes et technologies qui apparaissent à une fréquence effrénée, au risque de se trouver complètement dépassé, la gestion des ressources humaines et celle des achats pour contrôler et réduire les frais généraux de l’entreprise. Egalement, un chef doit gérer la relation client, essentielle pour la pérennité de l’entreprise, la communication et la publicité, le temps qui génère un stress énorme pour de nombreux dirigeants », précise Wassim.

De ce fait, se perfectionner au niveau de ses compétences de gestionnaire ou d’homme de terrain, cultiver l’aspect relationnel de la fonction de dirigeant vis-à-vis des salariés ou des clients de l’entreprise représentent autant d’atouts que le chef d’entreprise peut utiliser pour augmenter sa performance et se distinguer de ses concurrents.

Pourtant, certains dirigeants d’entreprise sont réticents à se former. Premier argument avancé : le manque de temps ! La tête dans le guidon, les mains dans le cambouis, happé par l’urgence, le dirigeant, notamment de petite entreprise, est accaparé de toutes parts. C’est un des arguments les moins contestables, étant donné qu’effectivement la gestion d’une entreprise implique d’être alerté à tout moment et de devoir gérer un certain nombre de tâches quotidiennes.

Autre argument cité, le manque de connaissance de leurs droits à la formation. S’ils comprennent la nécessité de mettre en place des formations pour leur personnel, il leur est moins naturel d’en prévoir pour eux.

Argument aussi souvent cité, la gestion des priorités en termes d’investissements. Beaucoup de chefs d’entreprise donnent la priorité aux investissements matériels, dans les outils de production. Et enfin, un dernier exemple d’argument avancé, le désintérêt. Le dirigeant ne voit pas toujours l’utilité de changer ses habitudes ou ses méthodes de travail en particulier si celles qu’il utilise actuellement semblent fonctionner.

Un service pas bien étoffé

Pour s’adapter aux contraintes des agendas des chefs d’entreprise, certains proposent de plus en plus de formations le soir ou à distance. « Un entrepreneur qui bénéfice d’un accompagnement de ce type de service dispose de son bureau virtuel, son propre espace en ligne. Cet outil digital lui permet de réussir son projet, de travailler sur sa vision et les perspectives de développement de sa structure. Il peut aussi acquérir de nouvelles compétences en s’appuyant sur des fiches techniques sur les charges sociales ou les statuts juridiques par exemple », assure Mouna, responsable d’une école de formation en ligne dédiée aux responsables. « Ma boîte propose aux porteuses de projet une formation en ligne gratuite pour monter son projet d’entreprise, à savoir une étude de marché, un business model, communication, site internet… », explique-t-elle.

Selon certains experts, la formation des chefs d’entreprise en Tunisie est relativement faible si on prend en considération le nombre de prestataires de formation. Il est donc nécessaire d’améliorer l’offre de formations et de prendre en compte également le besoin croissant de formations sur mesure pour les chefs d’entreprise.

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Un commentaire

  1. Ben Arab Oussama

    14/08/2022 à 10:24

    Il faut apprendre pour nager

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