Ce qui surprend dans le «bide» de Lamine Ennahdi à Carthage ?

Pas tant le bide lui-même. Ni le texte ni le jeu. Lamine connaît ces ratages. Spécialement à la télévision. Parfois au théâtre. Mais ces gradins qui se vident de prime abord, ces spectateurs qui pestent tout d’un coup, cela , on en jure, quasiment jamais.

Et aujourd’hui, a fortiori. Entre deux époques. A l’heure, encore, où les grands artistes d’hier bénéficient de leurs publics d’hier.

Qu’y a-t-il eu alors ? Que s’est-il passé vraiment ? Les reportages télé l’ont clairement  montré, la majorité de ceux qui assistaient à cette première de «Nmout alik» avaient la cinquantaine et plus; des fidélissimes, des fans, dirions-nous, de la comédie et de l’humour des années 70 à 90.

On l’a dit, la prestation ne peut tout expliquer. La faiblesse du texte, non plus.

La réponse, la vraie, vient de ce que l’Art entre deux époques n’est pas forcément une opposition statique entre ancien et nouveau, classique et moderne. C’est souvent, et de plus en plus, un échange constant d’influences, d’inspirations. C’est parfois, et c’est heureux, une recherche de synthèse et de continuité.

L’humour sous la dictature, au plus fort de la carrière d’Ennahdi, était un contournement subtil de la censure. Depuis la révolution, plus besoin. Les one man shows s’épanouissent

Libres sans doute avec un autre style et plus d’efficacité.

Le public soudainement acerbe et lassé de Lamine n’exprimait peut-être que ce besoin.

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