Dans le cadre des préparatifs de l’exposition «A collective diary», qui sera au cœur de la prochaine édition de «Jaou Photo» (6-20 octobre 2022) sous le commissariat de Simon Njami, a été lancée l’idée de rassembler des albums de famille des habitants de Tunis, dans le but de partager des mémoires personnelles dans lesquelles chacun peut se retrouver: vacances à la mer, grands-parents, enfance, fratries, autant de souvenirs qui constituent notre histoire.

«Mémoire» est l’une des composantes de l’exposition «A collective diary». A son propos, Simon Njami écrit : «La mémoire se déploiera dans un cadre mémoriel où les Tunisiens de tout âge, de toute position sociale, de toute confession seront invités à nous confier, le temps de “Jaou Photo”, leurs albums de famille. Ces objets qui contiennent des archives, dont parfois la trace a disparu, sont des éléments indispensables dans la constitution de fictions familiales, de fictions collectives dans lesquelles les visages ne représentent plus aucune réalité tangible, où les moments ne perdurent que sur un tirage fané, et où ce que l’on reconnaît n’est plus ce qui a été mais ce que l’on a réinventé, à partir des ruines que nous nommons mémoire. Ce sera une occasion d’activer ce que Jacques Rancière a nommé «le partage du sensible».

Toute personne désirant s’inscrire dans cette aventure peut se renseigner à l’adresse suivante : opencall@jaou.tn en indiquant dans l’objet du mail «Exposition Mémoire-Simon Njami». La date limite de dépôt des albums photos est fixée pour le 30 septembre 2022.

Cette sixième édition de «Jaou» réunira une centaine d’artistes originaires de 40 pays qui exposeront leurs œuvres dans divers espaces, lieux alternatifs, et hauts lieux de la culture de la Ville de Tunis, et fera place à une programmation pluridisciplinaire inédite, outre les rencontres-débats et les rencontres professionnelles internationales !

Lancé en 2013, “Jaou” a pour objectif de sortir l’art des lieux consacrés pour conquérir de nouveaux publics. Véritable caravane dans la ville, la prochaine édition souhaite mettre l’accent sur l’art de la photographie en Tunisie et dans le monde, et fédérer la richesse et la diversité de la scène artistique tunisienne.

Ce rendez-vous sera le levier d’une nouvelle dynamique culturelle, mais aussi la base d’un vrai projet de dialogue inter-arabe et méditerranéen.

Pour cette édition 2022, «Jaou Photo» remet à l’honneur la Bourse du travail et deux œuvres de Gorgi.

Située à Tunis-Marine, au bout de l’avenue Bourguiba, la Bourse du travail sera, du 6 au 20 octobre 2022, l’un des épicentres de «Jaou Photo». Peu connu malgré sa proximité avec l’hypercentre de Tunis, cet édifice sera, en effet, remis à l’honneur à l’occasion de «Jaou Photo», un événement organisé par la Fondation Kamel-Lazaar et l’Institut français de Tunisie (IFT), ainsi que plusieurs autres partenaires.

La Bourse du travail ressemble à une soucoupe volante. Bâti durant la période de l’architecture Reconstruction, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, cet édifice semble oublié aux marges de la ville, non loin de la gare du TGM.

Construit sur les plans de l’architecte Lewandowski, cet édifice a pourtant un caractère singulier, ainsi qu’une longue histoire, notamment avec les syndicalistes tunisiens qui y tenaient souvent leurs meetings.

Le bâtiment est aujourd’hui sous la tutelle du ministère des Affaires sociales et compte, dans son foyer, deux superbes fresques murales du grand Abdelaziz Gorgi, l’un des plus importants artistes tunisiens modernes.

Gorgi a réalisé de nombreuses œuvres monumentales qui se trouvent disséminées dans plusieurs édifices publics.

Intitulée «Les Bâtisseurs», l’une de ces fresques en céramique, réalisée en 1957, se trouve dans le hall de la Bourse du travail.

Dans ce même lieu, il existe une autre fresque de Gorgi, réalisée selon la même technique et représentant «Les potiers de Kallaline».

Le public pourra redécouvrir ces deux œuvres monumentales du grand Gorgi, ainsi que le superbe édifice futuriste de l’architecte Lewandowski à l’occasion de «Jaou Photo».

Pour rappel, après plusieurs années marquées par une situation sanitaire inédite, «Jaou» revient avec une sixième édition centrée sur la photographie, et, plus largement, la notion de l’image, et ayant pour thème général : «Le corps dans tous ses états». Au croisement des espaces méditerranéen, arabe et africain, «Jaou Photo» a pour ambition de réunir artistes photographes et artistes de tous bords, galeristes, critiques d’art, collectionneurs, intellectuels, universitaires et journalistes autour d’une manifestation d’envergure internationale.

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