Le calvaire des retards a, récemment, beaucoup perdu de son acuité. Il était temps
Tout a une fin, dit-on. Ultime illustration en matière de transport : Tunisair semble avoir coupé les ponts avec le démon des retards. Ça y est, c’est même la rupture, ,oserons-nous écrire entre un couple dont la cohabitation et l’entente ont longtemps fait sensation, menant la vie dure aux passagers. Au point que ces derniers ont fini, à leur corps défendant, par accepter une mauvaise pratique transformée à la longue en fatalité pour ne pas dire en… mal nécessaire! L’on se souvient, en effet, que les clients de la Compagnie nationale vivaient un calvaire quotidien, sous forme de retards de «quelques heures entières» que mettaient ses appareils avant leur décollage. Et cela se passait non seulement dans nos murs, mais aussi dans la plupart des aéroports d’Europe et d’ailleurs, ce qui a gravement nui à sa réputation tant nationale qu’internationale.

Blason redoré?
Aujourd’hui, changement subit du décor et retour «tonitruant» à la normale (ou presque) avec une importante chute des heures de retard. Un constat que les clients de Tunisair ont vérifié ces jours-ci, de visu non sans surprise mais avec beaucoup de satisfaction. «Le miracle a enfin eu lieu», jubile M.O., jeune homme d’affaires tunisien appelé à voyager fréquemment à l’étranger. «Ah, soupire-t-il, qu’est-ce qu’on a souffert des mois durant d’un traitement sévère, implacable qui nous a fait perdre des heures de travail, avec tous les effets négatifs qui en résultent sur nos relations commerciales avec nos partenaires étrangers. Et dire que, contrairement aux compagnies aériennes d’Occident, Tunisair ne nous a jamais dédommagés». Et notre interlocuteur de conclure, visiblement optimiste, en saluant «la fin du cauchemar» tout en prévoyant des jours meilleurs pour les relations Tunisair-passagers. Même son de cloche chez un autre commerçant tunisien. «Au plus fort de cette crise de triste mémoire, indique-t-il, notre compagnie nationale était devenue tellement impopulaire, tellement indésirable que, personnellement, j’ai dû me rabattre sur son homologue marocaine pour assurer mes navettes entre Tunis et Casa».
Le ministère du Transport était, heureusement, là pour reprendre du poil de la bête. En ce sens qu’il s’est employé, sans relâche, et avec une rare détermination, à balayer devant sa porte, en trouvant enfin des solutions salutaires aux problèmes en suspens concernant notamment le personnel de la navigation, les pannes techniques, les pièces de rechange et la forte opposition des syndicats. Dans la foulée, on le sait aussi, il a été décidé de renforcer la flotte aérienne par l’acquisition, à titre de location, de dix avions supplémentaires, afin de réguler le marché et de satisfaire une demande qui monte crescendo dès l’entame de la haute saison touristique. Reste ce vœu: pour cette «gazelle» que nous aimons tant et que nous continuerons, si durs soient les temps et les contrariétés, de porter dans nos cœurs, l’idéal serait d’opérer un lifting au département catering, l’objectif étant d’améliorer les prestations de services à bord. Demande-t-on, là, le… ciel? Alors, envol repris? Rattachons nos ceintures et bon vent!
Mohsen ZRIBI

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