En Afrique, la crise multidimensionnelle actuelle a un impact délétère sur les populations vulnérables, et notamment sur les jeunes et les femmes. Les taux d’insécurité alimentaire et la pauvreté menacent de s’aggraver avec la hausse de l’inflation, et le risque d’une déstabilisation sociale dans certains pays n’est pas à négliger.


En collaboration avec l’ensemble de leurs partenaires, l’équipe pays des Nations unies sur le terrain travaille à endiguer cette cascade de conséquences, en aidant les pays à trouver des ressources pour financer leur relèvement, à renforcer la résilience de leurs populations et à se préparer à mieux faire face à de futures crises. Dans le cadre de leurs interventions, l’équipe pays de l’ONU met toujours l’accent sur la protection des groupes vulnérables. Pour faire avancer ces sujets et aider les pays africains à maintenir le cap sur la réalisation du Programme 2030, l’ONU participe à la 8e édition d’un Forum international majeur sur le développement en Afrique, qui se tiendra les 27 et 28 août 2022 à Tunis, en Tunisie : la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique ou Ticad.

Un dialogue de haut niveau

C’est sous les auspices du Gouvernement japonais que la Ticad a été lancée pour la première fois en 1993 et est organisée depuis, tous les cinq ans, en collaboration avec l’ONU —donc le Pnud—, la Commission de l’Union africaine et la Banque mondiale.

Cette année, la Ticad réunira tous les acteurs qui œuvrent pour le développement de l’Afrique : le Gouvernement du Japon —à l’initiative de ce forum et bailleur de fonds important en Afrique—, les gouvernements de pays africains, les organisations internationales, dont l’ONU, les organisations régionales de pays donateurs et de pays asiatiques, le secteur privé et les organisations de la société civile.

Les enjeux de cette 8e édition sont multiples : promouvoir la tenue d’un dialogue de haut niveau sur des thématiques liées au développement durable, à la sécurité humaine, au commerce et à l’investissement, à la croissance économique et à la gouvernance ; développer la coopération entre l’Asie et l’Afrique ; encourager les investissements et les initiatives de développement sur le continent ; et intégrer davantage le développement en Afrique dans les agendas de coopération internationale des bailleurs de fonds.

«Ne laisser personne de côté»

L’ONU opère en Afrique, comme ailleurs, en ne perdant jamais de vue un principe fondateur de son action, qui est décliné dans le programme de développement durable à l’horizon 2030 (Programme 2030) et les ODD y afférents : celui consistant à «ne laisser personne de côté».

Pour promouvoir ce principe d’action et le placer au cœur des débats de la Ticad 8, une délégation de haut niveau de l’ONU sera présente au forum et contribuera à faire en sorte que la direction future donnée aux activités de développement sur le continent africain soit alignée sur les impératifs dictés par les ODD.

Différents organismes onusiens opérant en Tunisie sous le leadership du Coordonnateur résident des Nations unies dans le pays, Arnaud Peral, prendront part aux débats et participeront à des manifestations parallèles qui nourriront la réflexion et les échanges d’expériences sur des thématiques liées à l’élaboration et à l’exécution des programmes de l’ONU en Tunisie et/ou dans le reste de l’Afrique. Les thèmes débattus seront entre autres ; les enjeux écologiques et socioéconomiques liés à l’action climatique au niveau mondial et régional, les moyens à développer pour financer la transition énergétique (notamment les mécanismes permettant de «dé-risquer» les investissements), les mécanismes de coopération et d’appui au développement à activer pour promouvoir des investissements privés alignés sur les ODD, les moyens à mettre en œuvre pour impulser une relance économique post-pandémique efficace, le renforcement des partenariats existants et l’exploration de nouvelles opportunités en la matière, la promotion des questions centrales de l’emploi, de la protection sociale, des droits de l’Homme, des droits de l’enfant, de l’égalité des genres, de l’inclusivité et de la gouvernance et le développement de la recherche et de l’innovation technologique au service des ODD.

Le Japon, un partenaire et bailleur de fonds incontournable

Le Japon est un partenaire important de l’ONU en Tunisie et en Afrique. Son appui logistique et financier permet à l’équipe de l’ONU en Tunisie de mettre en œuvre plusieurs projets de développement, parmi lesquels figurent : un projet d’appui au plan national de lutte contre le Covid-19 (Unicef) ; un projet de réforme du secteur de la sécurité (Pnud) ; un projet de soutien à la sécurité alimentaire des populations vulnérables en réponse à la crise en Ukraine (PAM) ; un projet de lutte contre les violences fondées sur le genre (Unfpa).

La nature exceptionnelle de la crise multidimensionnelle que traverse l’Afrique exige une réponse tout aussi exceptionnelle de la part de la communauté internationale. Le gouvernement du Japon joue, dans ce contexte, un rôle capital s’agissant de contribuer au relèvement du continent, comme le montre l’exemple de son engagement en Tunisie, où il a construit un partenariat solide avec l’ONU pour faire avancer la mise en œuvre des ODD d’ici à l’échéance de 2030.

*Article coécrit par le Bureau du Coordonnateur résident des Nations unies en Tunisie et le Bureau des Nations unies pour la coordination des activités de développement (Bcad). Le Bcad assure les fonctions de secrétariat du Groupe des Nations unies pour le développement durable (Gnudd), lequel est présidé par la vice-secrétaire générale des Nations unies, Mme Amina J. Mohammed.

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