• Les professionnels du secteur des cafés prédisent une rupture totale du café, ce qui constitue une menace pour 120 mille employés
• Certaines sources assurent que le gouvernement a décidé d’accorder la priorité à l’importation des céréales, en particulier le blé
• L’Office du commerce affirme que des quantités de café vont être importées sans en préciser la date


Il semble que les pénuries des produits alimentaires touchent, chaque jour, un nouveau produit qu’on pensait à l’abri des spéculateurs ou des manigances de certains grossistes qui n’hésitent pas à intervenir pour impacter l’approvisionnement des marchés dans le but d’imposer les prix qu’ils veulent et qui sont généralement au-dessus des bourses moyennes ne pouvant pas acquérir ces produits considérés comme de première nécessité.

Ainsi, après l’huile de consommation domestique ou plus exactement «zit el hakem», devenue depuis quelques mois une denrée rare qu’on acquiert, au cas où un détaillant en disposerait, à des prix exorbitants frisant parfois six dinars le litre, et dans la foulée du sucre et du riz qui se sont invités ces dernières semaines sur la liste des produits auxquels seuls les privilégiés et les chanceux peuvent accéder, voilà maintenant que s’ajoute à ces listes qui s’allongent, de jour en jour, un nouveau produit considéré aussi par beaucoup de Tunisiens comme un produit de première nécessité, voire de nécessité absolue auprès de certaines catégories de consommateurs qui déclarent ne pouvoir, en aucune manière et sous aucun prétexte, s’en passer ou en réduire la consommation.

En effet, les consommateurs de café au sein des foyers ou dans les cafés essaimant, à un rythme effréné, dans les villes et jusque dans les régions et les localités les plus éloignées du pays se trouvent dans l’impossibilité de s’approvisionner en les quantités de café qu’ils désirent. Tout simplement parce que le café manque cruellement.

Et ni les autorités concernées, ni le ministère du Commerce, en premier lieu, ne fournissent les réponses qu’il faut à ceux qui se posent la question pour savoir pourquoi le marché n’offre plus ce produit comme auparavant, au point que les vendeurs de café en poudre ont placardé dans leurs boutiques des pancartes indiquant qu’ils ne peuvent fournir à chaque client plus de 200 grammes, comme à une époque pas très lointaine où dans les grandes surfaces on ne pouvait acquérir que deux litres de lait ou un kilogramme de farine ou de semoule.

Un scénario catastrophe en perspective

Aujourd’hui et bien que l’Office du commerce, le détenteur du monopole d’importation du café, assure qu’une quantité de cette importante denrée est programmée dans les jours à venir (sans préciser quand et quelle quantité va-t-on importer), ce sont pour le moment les propriétaires de cafés qui tirent la sonnette d’alarme en prédisant, selon le vice-président de la Chambre nationale des propriétaires de cafés, Sadri Ben Azouz, une «possible catastrophe, celle d’une rupture totale de café».

Il ajoute : «Ce scénario catastrophe conduire, tout simplement, à la fermeture de tous les cafés, toutes catégories confondues, et donc au renvoi des 120 mille employés du secteur».

Pour Sadri Ben Azouz, «il est urgent que les autorités compétentes trouvent une solution dans les plus brefs délais, car la situation va s’envenimer et la profession n’est pas apte à faire face à une nouvelle crise étant déjà fragilisée par la pandémie de Covid-19».

Mais qu’est-ce que le gouvernement promet-il en vue de faire face à cette situation ou plus précisément peut-on dire qu’il envisage de donner la priorité, en matière d’importation, à certains produits aux dépens d’autres «qui peuvent attendre dans la mesure où l’on peut ajourner la consommation en attendant que la crise soit résolue ou que les prix de ces mêmes produits se stabilisent sur le marché international et que l’on puisse y accéder».

Certaines sources n’hésitent pas à avancer, voire à affirmer, que le gouvernement a déjà fait ses choix. On se réfère, à cet égard, aux déclarations récentes de Mme Neila Nouira Gonji, ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, qui a admis que «suite à la guerre en Ukraine, la priorité en matière de compensation a été accordée à l’importation des céréales, en particulier le blé».

Et les interrogations de demeurer posées : qu’est-ce que le gouvernement va entreprendre en vue de faire face aux demandes supplémentaires en matière de consommation avec, à titre d’exemple, la réouverture des frontières avec l’Algérie et l’affluence des touristes algériens qui retrouvent la destination Tunisie après une longue absence ?

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