Le rideau est tombé, hier, sur la huitième Conférence de Tokyo sur le développement de l’Afrique, Ticad 8. Deux jours de réunions, de conférences, de forums et de connexions entre les secteurs public et privé africains et japonais qui ont pu certainement développer davantage la coopération entre eux.

Si la Tunisie n’était que l’hôte de cette conférence d’envergure, elle a également pu démontrer sa capacité à organiser ce genre d’évènement de dimension mondiale en dépit d’une conjoncture économique et politique peu confortable. Outre l’annonce faite par le Japon d’une enveloppe de 30 milliards de dollars d’investissements au profit de l’Afrique en trois ans, les positions de la Tunisie exprimées notamment par le Président de la République, Kaïs Saïed, quant à une nouvelle approche de développement du continent noir étaient également marquantes.

Mais c’est aussi la signature de plusieurs conventions importantes entre l’Afrique et le Japon qui marque cette édition de la Ticad. Plus de 30 accords de coopération ont été conclus, et ce, seulement jusqu’à hier dimanche, entre le Japon et des pays africains lors de cette 8e Conférence internationale.

On cite surtout un accord de partenariat signé entre l’Agence japonaise chargée de la promotion du commerce extérieur (Jetro), l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) et ce, à l’occasion de la conférence Ticad. Cet accord vise à promouvoir la croissance et le développement durables dans les pays africains, en renforçant les partenariats entre le secteur privé japonais et celui africain.

Dans une déclaration commune appelée « déclaration de Tunis », les dirigeants du Japon et des pays africains ainsi que ceux des organisations internationales ont souligné leur engagement à mieux faire face à une crise alimentaire aggravée par la guerre russo-ukrainienne. Les dirigeants ont également affirmé l’importance d’un financement équitable et transparent pour stimuler la croissance en Afrique. Ils ont souligné la nécessité de renforcer les partenariats entre l’Afrique et le Japon sur la base d’un partenariat puissant, équitable et durable.

« Nous soutenons les initiatives visant à renforcer les partenariats public-privé mutuellement bénéfiques qui facilitent la diversification économique en Afrique, comme le Conseil japonais des affaires pour l’Afrique et l’Association Japon-Afrique pour le développement des infrastructures. Ces partenariats améliorent l’environnement commercial africain et soutiennent les priorités de l’Afrique dans la transformation et la diversification économiques. Nous reconnaissons le rôle transformateur des start-up et des entreprises privées, y compris l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, en tant que force motrice émergente pour résoudre les défis sociaux en Afrique. Nous reconnaissons l’importance des efforts déployés par le gouvernement japonais pour renforcer et élargir davantage l’assistance technique, et augmenter la variété d’instruments financiers pour renforcer ces acteurs afin d’accroître encore leurs rôles transformateurs », laisse croire cette déclaration.

Lors d’un point de presse, le Président de la République a clôturé cette Conférence, tout en prônant un nouveau mode de développement de l’Afrique. Il a appelé dans ce sens à transformer les dettes des pays africains en investissements destinés aux jeunes pour éradiquer la pauvreté dans le continent africain. « La Conférence a réussi à tisser de nouveaux modes de partenariat entre l’Afrique et le Japon », a-t-il dit.

Il a également misé sur l’éducation et l’enseignement pour protéger les populations africaines de toute forme de radicalisation et comme rempart contre le terrorisme, soulignant la nécessité de revenir sur les causes qui ont fait que le continent soit dans une situation de pauvreté. A cet égard, le Président de la République a appelé à un cadre de solidarité entre les pays africains pour parvenir à réaliser les objectifs communs en termes de développement du continent.

Pour sa part, le Premier ministre japonais a félicité la Tunisie pour l’organisation de cette Conférence, rappelant que son pays a décidé d’octroyer 34 milliards de dollars sous forme d’investissements au profit des pays africains.

Quel intérêt pour la Tunisie ?

La Tunisie a également accédé à plusieurs conventions signées notamment avec le Japon. Un mémorandum d’entente a été signé, hier, à la Cité de la culture à Tunis, entre le ministère de l’Economie et de la Planification et le constructeur automobile japonais Toyota Tsusho visant à lancer une série de projets dans différents secteurs dont l’énergie renouvelable, la santé, l’industrie des composants et pièces automobiles et celle de la transformation des matières premières, et ce, en marge de la 8e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique. L’accord a été signé par le ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Saïed, et le président-directeur général de Toyota Tsusho, Ichiro Kashitan.

Quatre mémorandums d’entente conclus entre des entreprises tunisiennes et japonaises ont été annoncés, samedi 27 août, lors du forum des affaires, organisé dans le cadre de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad 8). Quelque vingt chefs d’Etat et de gouvernement, un roi et 20 ministres africains ont pris part à cette conférence, outre les représentants des organisations internationales. L’accréditation de couverture de la Ticad 8 a été accordée à 370 journalistes dont 120 accompagnent les délégations officielles de leurs pays.

La Tunisie, deuxième pays africain à organiser cet événement après le Kenya en 2016, avait obtenu l’accord d’accueillir la Ticad 8, à l’issue de la 33e session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) tenue, les 9 et 10 février 2020, à Addis-Abeba en Ethiopie. 

crédit photo : © Abdelfatteh BELAID
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