L’examen du Diplôme de fin d’année de l’enseignement de base (filière générale) a commencé avec un sujet de rédaction en arabe dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est déroutant.
Les candidats ont dû disserter sur un sujet, certes, d’actualité mais, surtout, très délicat. A savoir la drogue. Pourtant, les thèmes étudiés par nos élèves de neuvième sont plus variés et plus enrichissants que celui qui a été proposé.
Grosso modo, l’énoncé demandait au candidat d’engager un dialogue sur une émission télévisée ayant pour sujet la drogue. Donc, l’élève était tenu de produire un dialogue sur fond argumentatif.
Seulement, celui qui a proposé ce sujet ne sait pas que de nombreuses familles tunisiennes évitent de parler de tels sujets devant leurs enfants et, à plus forte raison, ne regardent pas ces émissions télévisées à scandale. Car, véritablement, les chaînes TV tunisiennes imposent aux téléspectateurs passifs des contenus inattendus et choquants qui dépassent, par leurs abus, toutes les limites de l’acceptable et du raisonnable.
C’est donc pour prémunir leurs progénitures que les parents prévenants ne regardent pas de tels programmes ou fictions. Les fléaux qui existent dans la réalité suffisent amplement. On ne va pas en chercher davantage dans ces chaînes TV.
Donc, l’optique choisie par le sujet proposé aux élèves de « neuvième » est faussée. Parce que l’élève à qui on s’adresse n’a pas, nécessairement, vu un programme de ce genre. Et quand bien même on demanderait au candidat d’imaginer, les efforts qu’il devra mobiliser seront très grands.
Ce que ne savent, peut-être, pas ceux qui ont donné ce sujet, c’est qu’il y a des élèves (surtout parmi ces bons éléments qui se présentent à ce concours) qui ignorent bien des choses à propos du fléau de la drogue. De cette manière, c’est comme si on les incitait à s’y intéresser. Bien sûr, on leur demande d’argumenter dans le sens du refus des stupéfiants, mais ce n’est pas toujours évident pour cette catégorie de collégiens qui s’illustrent beaucoup plus dans leurs études que dans des comportements marginaux vers lesquels on veut les attirer.
Et, en l’occurrence, ce sujet de dissertation arabe est, à notre sens, malvenu.
Ce niveau d’étude dispose, pourtant, de cinq centres d’intérêt. Pourquoi avoir choisi le thème de la drogue (troisième centre d’intérêt), alors qu’il y avait la guerre, la pauvreté, les catastrophes naturelles, la mauvaise utilisation des moyens de communication… ?
De plus, il y avait d’autres centres d’intérêt plus motivants, à l’instar du travail, de la femme dans les sociétés modernes, des arts et l’interaction des cultures et des civilisations.

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