Avec «Aguirre, la colère de Dieu», le cinéaste connaît bien des péripéties : le tournage est notamment marqué par les relations très tendues entre le réalisateur et le comédien Klaus Kinski qu’il fait tourner pour la première fois et qu’il a notamment qualifié d’hystérique. Leur relation étroite sera dès lors toujours marquée par une grande ambivalence et donnera lieu à d’autres films tels que «Nosferatu: fantôme de la nuit» (1979) et «Fitzcarraldo» (1982).

A l’évocation de son nom ou de ses films les plus célèbres (en premier «Aguirre» et «Fitzcarraldo»), surgissent diverses histoires, anecdotes et une pléthore d’images, celle, entre autres, d’un bateau hissé en haut d’une montagne…Mais aussi et surtout, surgit le nom d’un autre monument du cinéma, le fou et tourmenté acteur Klaus Kinski qu’il a fait tourner 5 fois (incroyable exploit ! ).Vous l’avez deviné, c’est Werner Herzog, une légende vivante du cinéma qui fête, ce 5 septembre, ses 80 ans.

Le Goethe Institut ne manquera pas de célébrer cela. Ainsi et dans le cadre de sa programmation cinématographique régulière «Filmklub», une projection spéciale aura lieu le dimanche 4 septembre, à 20h00, à la belle étoile dans les jardins du Goethe Institut, du chef-d’œuvre « Aguirre, la colère de Dieu» (titre original allemand : « Aguirre, der Zorn Gottes »).

Né le 5 septembre 1942 à Munich, Werner Herzog grandit dans un village de Bavière, où il n’y a aucun cinéma, et il ne possède ni télévision ni téléphone. Après des études d’histoire et de littérature, il décide de travailler la nuit comme soudeur pour financer son premier court-métrage, «Herakles», qu’il réalise à l’âge de 19 ans. En 1968, il réalise son premier long-métrage, «Signes de vie» qui obtient un Prix spécial au Festival de Berlin. Le jeune cinéaste met, ensuite, en scène une révolution très spéciale dans «Les Nains aussi ont commencé petits» (1970) avant de partir filmer le désert du Sahara avec Fata Morgana (1971).

Son travail est reconnu internationalement grâce à «Aguirre, la colère de Dieu», film réalisé en 1972, mais qui ne sortira qu’en 1976, Prix du syndicat de la critique français et nommé au César du meilleur film étranger. Il devient l’un des chefs de file du cinéma allemand avec Volker Schlöndorff, Reinhard Hauff ou encore Rainer Werner Fassbinder. Après le «Manifeste d’Oberhausen» de 1962, dans lequel de jeunes cinéastes renonçaient au cinéma commercial et conservateur de l’après-guerre en République fédérale d’Allemagne («Le vieux cinéma est mort. Nous croyons au nouveau»), ces auteurs ont créé des films avec des moyens économiques très limités, apprenant à tirer à la fois la plus grande authenticité et le plus grand effet esthétique possible de leurs décors (qui parfois ne coûtaient rien) et de leurs acteurs (souvent des amateurs ou de jeunes acteurs inexpérimentés).

Avec «Aguirre, la colère de Dieu», le cinéaste connaît bien des péripéties : le tournage est notamment marqué par les relations très tendues entre le réalisateur et le comédien Klaus Kinski qu’il fait tourner pour la première fois et qu’il a notamment qualifié d’hystérique. Leur relation étroite sera dès lors toujours marquée par une grande ambivalence et donnera lieu à d’autres films, tels que «Nosferatu : fantôme de la nuit» (1979) et «Fitzcarraldo» (1982).

Dans «Aguirre, la colère de Dieu», Herzog met en scène le grand échec de ce mythe de conquête délirant sur une expédition espagnole qui se fraye un chemin dans la jungle péruvienne en 1560. A la recherche de la légendaire cité d’or d’El Dorado, le malheur se rapproche à mesure que l’escouade avance. XVIe siècle, dans les Andes péruviennes: une expédition de conquistadores espagnols est à la recherche d’El Dorado, la légendaire terre d’or des Incas.

Unterfuhrer Aguirre, obsédé par le pouvoir, prend le commandement d’un détachement précurseur chargé de descendre l’Amazone en radeau et d’explorer la région. Aguirre déclare le roi espagnol déchu et un noble voyageant avec lui «empereur de l’El Dorado». Il s’enfonce, ensuite, dans les terres, au milieu d’un environnement hostile, menacé par les fléchettes empoisonnées des indigènes, la faim, l’épuisement, les maladies et les mutineries. Le groupe ne cesse d’être décimé.

A la fin, nous voyons Aguirre devenir fou sur un radeau couvert de cadavres, flottant sur l’Amazone. Le rêve d’El Dorado d’Aguirre, de pouvoir et de grandeur, est le rêve d’écrire l’histoire pour défier le destin.

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