Septembre. L’été des festivals a quasiment pris fin.

L’été tout court ? Cela, on ne sait. On n’a jamais su vraiment. Les grosses chaleurs se prolongent parfois sous nos cieux. Mais les canicules de cette année 2022, croisons les doigts. Prions que non. A propos de canicule, un mot à l’adresse de nos gouvernants : y pensent-ils assez, ce qu’il faut ? On pense par exemple aux horaires de bureaux, changent-ils en conséquence ?

Nos travailleurs, en public ou en privé, quittent entre 13 et 14 heures, au moment du pic établi, entre 40 et 50 degrés, pour se ruer sur cars et métros. La canicule est saisonnière, stabilisée et mondialisée, et elle tue aujourd’hui. C‘est sûrement bon d’avertir du danger, de multiplier les annonces télé et radio, mais adapter les horaires au danger — durant juillet et août éviterait bien des ennuis à nos gens. Une image insupporte, en tout cas : celle de ces directeurs bien à leur aise dans leurs voitures climatisées, tandis que des travailleurs s’entassent les uns sur les autres à 50 degrés météo.

Qu’en fut-il des festivals d’été ?

Généralement que du bien. Plus que dans les

prévisions. Plus que l’on a pu espérer.

Prime satisfaction : la reprise, enfin, pour toutes les professions artistiques, et principalement pour les chanteurs et musiciens appauvris comme jamais par deux années de corona. Le budget, certes, a été réduit presque de moitié, mais la concorde régnait sans faute, les cachets ont suivi.

Deuxième satisfaction : l’affluence. A Carthage et à Hammamet, les affiches ont fonctionné à guichets fermés. Mais fait surprenant par les temps qui courent, il y avait du public à toute occasion.

Et même chose partout, à Bizerte, à Sfax, à Sousse, à Monastir, au nord, au sud et à l’intérieur du pays, les théâtres et les publics «grouillaient».

Réjouissance et mystère, à la fois à travers ce petit bilan. Les réjouissances se comprennent en fin de pandémie. Mais ces compatriotes qui paient cher leurs entrées et qui accourent investir des spectacles par milliers, comment se l’expliquer raisonnablement en temps de crise économique majeure, alors que l’inflation est à son comble et que la pauvreté s’accroît ? Par quoi répondre ? On ne sait, là non plus. Y a-t-il dédoublement ? Parle-t-on de la même Tunisie?

Dernière satisfaction : les genres semblent vouloir coexister. Rap et chaâbi totalisent le plus d’écoute, mais le tarab et la wataria se maintiennent bien. Les publics se sont même confondus cet été.

Facteurs d’unification, de continuité, possibles à notre avis : mélodie et chant. Exactement comme dans la wataria, les meilleurs rappeurs et les meilleurs chaâbi s’apprécient et dominent à partir de savoir vocal et de musicalité ? Dans la musique arabe les époques ne se rejoignent qu’ainsi.

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