• Le Président Kaïs Saïed,Noureddine Taboubi et Samir Majoul se rencontrent au palais de Carthage pour examiner la situation économique et sociale dans le pays.
• Le secrétaire général de l’Ugtt est tranchant : «La Tunisie n’a pas d’autre solution que le financement étranger».
• Les membres de la commission nationale administrative exceptionnelle délèguent au bureau exécutif de l’Ugtt le pouvoir de poursuivre la discussion des propositions du gouvernement en rapport avec les négociations sociales.

Entre l’Ugtt et le gouvernement et aussi le Palais de Carthage, les rapports sont-ils en train de virer vers l’apaisement, voire un accord que l’ensemble des Tunisiens attendent depuis des mois, plus particulièrement les salariés de la fonction et du secteur publics qui menacent d’observer une  grève générale, dont la date n’a pas été encore fixée par  le bureau exécutif de la centrale de la Place Mohamed-Ali ?

On se pose la question et on attend une réponse définitive à la faveur de la rencontre qui devait grouper, hier, lundi 12 septembre, le Président de la République, Kaïs Saïed, avec Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt et Samir Majoul, président de l’Utica.

En effet, la Centrale syndicale a annoncé, hier, que «le S.G. est actuellement (vers 15 heures) en réunion avec le Chef de l’Etat».

Et le communiqué publié par le département communication de l’Ugtt de préciser: «C’est le Président Kaïs Saïed qui a convoqué Noureddine Taboubi au Palais de Carthage».

Le communiqué ajoute : «Les négociations sociales, en plus d’autres sujets, sont à l’ordre du jour».

La convocation adressée par le Président Kaïs Saïed à Noureddine Taboubi intervient à la suite de la session exceptionnelle, tenue à Hammamet, de la réunion de la Commission nationale administrative de l’Ugtt, les samedi 10 et dimanche 11 septembre.

Les membres de la commission administrative en question ont, en effet, délégué au bureau exécutif de l’Ugtt le pouvoir de poursuivre les négociations avec le gouvernement. Ces négociations, selon les déclarations produites par Sami Tahri, le dimanche 12 septembre courant, le deuxième jour des travaux de la commission administrative, «connaissent des progrès entre le gouvernement et l’Ugtt».

Il ajoute : «Il y a d’autres points à clarifier avec le gouvernement, concernant plusieurs sujets».

Et c’est à Noureddine Taboubi, S.G. de l’Ugtt, d’être plus expressif et plus tranchant que son collègue Sami Tahri, le porte-parole officiel de l’Ugtt.

Noureddine Taboubi est, on ne peut plus clair et tranchant, en soulignant le plus clairement et sans détours : «L’Ugtt est consciente de l’absence d’autres solutions. Le besoin d’un financement étranger est essentiel à la Tunisie».

Les choses sont, donc, claires comme l’eau de roche : l’Ugtt considère qu’il faut aider le gouvernement «qui persiste à considérer un accord avec le Fonds monétaire international comme l’unique solution à la crise» dans  laquelle se morfond le pays depuis des mois et des mois.

Mais à quel prix l’Ugtt, par la voix de son secrétaire général, propose-t-elle son soutien au gouvernement en cette période cruciale où il a grandement besoin d’un front national soudé et renforcé. Un front où l’Ugtt joue un rôle de locomotive afin de permettre à la Tunisie de faire face avec succès «aux pressions qu’elle est en train de subir», comme le souligne Noureddine Taboubi lui-même.

Sauf que ni Taboubi ni Sami Tahri, ni aussi les rédacteurs de la motion générale qui a sanctionné les travaux de la commission administrative nationale exceptionnelle tenue à Hammamet, n’éclairent la lanterne de l’opinion publique pour lui dire comment «l’Ugtt s’emploie à trouver des solutions au sujet des négociations sociales».

Cette petite phrase prononcée par le secrétaire général de l’Ugtt ouvre la voie à toutes les interprétations possibles dans le sens qu’il y aura du nouveau entre l’Ugtt et le gouvernement dans les prochains jous, voire dans les prochaines heures.

Et si l’on essaye de trouver un certain lien entre ce que Kaïs Saïed et Noureddine Taboubi vont examiner lors de la rencontre d’hier, rencontre qui se tient à quelques jours de l’ouverture officielle des négociations avec le Fonds monétaire international, au terme de la clôture du congé des mois d’août et de septembre de cette institution, on pourrait s’attendre à un accord que tout le monde attend.

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