Cinq cents intervenants, venant de quarante pays, et des centaines de milliers d’internautes participeront à la manifestation. L’océan 2050 fera l’objet du débat.


En moins d’une semaine, Bizerte s’apprête à abriter son forum annuel de la mer, dans une nouvelle édition, la 5e depuis son lancement en 2018. C’était, alors, avec un tapage médiatique sans précédent. Cet événement, qui s’est encore imposé comme l’un des principaux rendez-vous de la rive sud, a du mal, semble-t-il, à sortir de son cercle vicieux. Ceci étant, dans la mesure où il n’a pas encore livré tous ses secrets. Point donné sur son bilan des sessions passées. Pourtant, il continue à attirer les regards des écolos, scientifiques et des leaders de l’économie bleue. L’ancien ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor, l’avait ainsi qualifié de Davos de la mer.

Tous s’invitent au débat

De coutume, ce rendez-vous d’envergure internationale intervient au terme d’une série d’activités estivales menées sur le long de nos côtes, à l’initiative de la Saison bleue, une association engagée dans la protection du littoral et de l’environnement maritime. Pour elle, l’été était, alors, en pleine action dont plus de 7 millions d’habitants du littoral ont tiré parti. Aussi leur potentiel économique, si riche mais sous-exploité, a-t-il été en point de mire. En fait, le forum de Bizerte aura lieu, le 23 de ce mois, auquel prendront part plus de cinq cents intervenants, venant de quarante pays, et des centaines de milliers d’internautes, lit-on dans le communiqué de ladite ONG.

«L’océan 2050 » fera l’objet du débat. «Au-delà des réponses immédiates ou politiques, une réflexion prospective sur ce grand inconnu qu’est l’océan s’est imposée pour la 5e édition du forum mondial de la mer à Bizerte », a-t-on appris de la même source. En une seule journée, les invités vont se pencher sur ce que sera l’océan d’ici moins de 30 ans. Et c’est depuis maintenant que l’on doit y penser sérieusement. Pourquoi ? Selon des statistiques, «les océans et les mers recouvrent 71 % de la surface de la terre, produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons, absorbent 25 % de dioxyde de carbone, captent 90 % de la chaleur supplémentaire générée par ces émissions ». Aussi, s’agit-il d’une ressource économique qui nourrit 3,2 milliards de personnes, offre 31 millions emplois et génère bien d’autres gagne-pains dans des secteurs liés à la pêche, l’aquaculture et au transport maritime.

Un atout pour Bizerte ?

Il faut dire que tenir un tel forum à Bizerte est un atout majeur, de par sa position stratégique comme portail de l’Europe et vu aussi du gisement maritime dont elle dispose sur ses 200 km du littoral, révélait, rappelle-t-on, son maire, lors de l’édition inaugurale de l’événement. La question de l’économie bleue y était, alors, pleinement abordée. Cette fois-ci, c’est l’océan qui aurait dû primer. Car, 2050, c’est demain. Raison pour laquelle les intervenants auront à donner du grain à moudre. Et là, toutes les pistes de réflexion sont bonnes pour voir plus grand. Mais aussi pour mieux aborder un avenir si proche et incertain. « Si les océans étaient un pays, ils seraient la 7e puissance économique mondiale avec 24.000 milliards de dollars de PIB », ainsi compare la Saison bleue, mettant en relief la portée de l’océan. La Méditerranée, notre grande bleue, fait aussi partie du débat. «Si la manifestation portera sur l’Océan global, y compris les mondes polaires, c’est avec la Méditerranée, terre d’accueil du Forum Mondial de la Mer-Bizerte, que cette journée, pas comme les autres, s’achèvera », commente-t-elle, dans son communiqué.

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