Près d’une semaine après l’échec de Ons Jabeur en finale de l’Open des Etats-Unis (semaine de désillusion, d’inconsolation, de réaction), le moment paraît venu, enfin, de mettre les choses au clair. De tempérer, surtout. De n’exagérer ni joies ni déceptions. D’éviter les chimères, et de ne s’en tenir qu’à la stricte réalité. Simplement, de savoir distinguer le vrai du faux.

Prime vérité, souvent omise : la percée mondiale de Ons Jabeur correspond à un temps de grave crise pour le pays. D’où compensation morale. D’où que tout un peuple s’y est accroché. Exagérant outre mesure les victoires, mais, hélas, supportant de moins en moins les insuccès. Hélas, surtout, car au final, réfléchissons un peu, la compensation morale ne résout rien de la crise. Pis : elle fait «mauvaise» pression. La championne s’y sent obligée. Trop. Sûrement trop dans les grandes occasions. Les pronostics d’avant-match allaient presque tous en faveur de Swiatec. Motif : Swiatec gagne toutes ses finales. On aurait pu tout aussi bien arguer du fait que Ons les rate presque toutes. Les Polonais n’ont pas besoin de Swiatec pour résoudre leurs autres problèmes. LesTunisiens s’agrippent, eux, à leur championne. Cela influe plutôt mal sur les résultats.

Concernant Ons, quelques vérités techniques, intéressant compétence et performances, appellent meilleure précision. Nos confrères spécialistes occidentaux en parlent, mais, curieux, soit nous passons outre, soit nous ne relayons pas assez. D’aucuns expliquaient par exemple que des deux défaites successives de Jabeur en finales de grand Chelem, une seule ne trouve pas d’explication raisonnable, celle de Wimbledon, face à Rybakina. Rybakina était inférieure en tout à Ons Jabeur. En talent pur et au classement ATP. Qui plus est, elle avait concédé le premier set et était menée au second. Le vrai tournant de carrière, l’entrée, sans doute, définitive dans la liste des grands, c’est là que le vrai ratage a eu lieu. L’échec face à Swiatec ?

Aucun lien vraiment ; Swiatec demeure de loin supérieure. Il n’y a eu ni malchance, ni injustice dimanche à l’Open des Etats-Unis.

La meilleure a gagné. Ons Jabeur doit se l’expliquer clairement, et réfléchir sérieusement à la suite sans états d’âme encore, et sans perte de temps.

La suite pour Ons Jabeur ? Nos spécialistes (les moins découragés d’entr’eux) insistent sur le retour en force du second set et sur le tie-break où notre championne a frôlé l’égalisation pour soutenir que, pour Ons Jabeur, demain sera comme hier, même talent, même ambition, et peut-être dès demain l’open d’Australie.

L’hier, néanmoins, pour Ons s’est plutôt attardé. L’objectif grand Chelem dépend en général de la prime jeunesse. Or, à cet âge, la tenniswoman était presque à l’arrêt. Les plus hauts challenges se compliquent à l’approche de l’âge mature. Là est probablement la faille. C’est à quoi Ons devrait, le plus, s’employer.

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