Etre inconscient de son incompétence. C’est la première conséquence désastreuse de cette tare. Le rester en est la seconde et la plus meurtrière. C’est hélas l’état actuel de notre pays, peuple et gouvernants, mis à part quelques élites et quelques institutions et organismes stratégiques.

Etre inconscient de son incompétence est donc la pire des choses qui pourrait toucher une personne ou une organisation. Cela empêche d’avancer et cela est une règle : qui n’avance pas recule. Pire, c’est tuant. Voilà comment nous sommes depuis des décennies et encore plus  depuis 2011.

Et devenir conscient de son incompétence nécessite, quant à cela,  une compétence qui, hélas, fait terriblement défaut sous nos cieux. A chaque instant celui qui se respecte doit se remettre en question et  reconnaître qu’il est devenu quelque part incompétent et qu’il doit faire un effort de mise à niveau. C’est, en quelque sorte, la gazelle qui, chaque jour  en se levant, doit courir pour espérer continuer à vivre.

On devient conscient de son incompétence, on établit le diagnostic nécessaire (ou on se le fait établir par un spécialiste), on identifie ses lacunes, on désire avancer, on fixe ses objectifs, on décide, on agit et si l’effort est efficace, on deviendra conscient de sa compétence. En somme, une panoplie de compétences que peu d’entre nous possèdent, surtout celles relevant du savoir-agir.

Ce n’est pas tout pour être réellement compétent, on doit devenir, cette fois-ci, conscient de sa compétence. C’est comme la marche, on marche sans être conscient de l’action de notre cerveau. Celui-ci  après l’apprentissage adéquat,  établit le mécanisme  sans faire associer la conscience.

Notre pays souffre donc  d’une incompétence générale et généralisée. C’est-à-dire une incompétence qui touche tous les domaines, y compris celui chargé de produire les compétences certifiées  et aussi  l’ensemble de la population, y compris une bonne majorité de ceux chargés de veiller à l’acquisition desdites compétences et ceux chargés de diriger le pays.

En voulant coûte que coûte entrer dans l’Histoire par la grande porte, nos gouvernants successifs, depuis l’Indépendance de façade de notre pays en 1956, ont tout fait pour réduire nos chances d’accéder au progrès et confisqué notre avenir et celui des générations futures.

Voulant toujours faire cavalier seul, brûler les étapes et rêver d’immortalité, ils ont tout fait pour infantiliser le peuple, marginaliser ses forces vives et ses élites et le ridiculiser. Devenus présidents sans réellement en avoir les compétences requises, ils se sont entouré  d’incompétents et autres sous-fifres. Des lèche-bottes sans foi ni loi, qui eux aussi font appel à des nuls comme eux.

Résultat, un peuple aigri et blasé, presque débile, un Etat boîteux et dépendant de l’étranger, des appareils de l’autorité au service des personnes, des ressources naturelles, humaines et autres dont le temps, gaspillées, des soi-disant politiques, plans et programmes, des réformes vitales périodiquement remises aux calendes grecques et le fameux on efface tout et on recommence.

A chaque fois, c’est le paradigme «conflit-exclusion-violence», qui guide leurs décisions. Toutes les élites patriotiques sont, ainsi écartées, le peuple, asservi, paupérisé, divisé, est plongé dans l’ignorance et l’aliénation, la production laisse la place à la consommation et à l’importation et le pays est plongé dans l’endettement exponentiel.

C’est dire que l’incompétence s’est, non seulement généralisée, mais qu’elle a, hélas, touché aussi  tous les types de savoirs (Savoirs, savoir- être, savoir- faire, savoir-dire, savoir-prévenir, savoir-agir, savoir-devenir, etc.) Pire, elle a touché aussi ceux dont la responsabilité est de veiller à développer les compétences.

Mais ce qui est réellement plus  inquiétant  est que rien n’est fait pour lutter contre ces fléaux, sachant que l’ignorance est partout et que le sixième de la population est analphabète. Rien n’est fait car, à côté de l’incompérence généralisée, qui empêche toute réaction positive,  il n’existe ni  volonté sociétale ni volonté politique capables de renverser la vapeur.

Rappelons que, dans plusieurs de nos chroniques, sur ces mêmes colonnes et dans le cadre de notre présente rubrique, nous avons appelé à la conception et à la réalisation d’un plan national de remise et de mise à niveau générale de la population et dans tous les domaines. Surtout pour les langues, bases de l’acquisition de toute compétence, mais aussi dans le domaine du politique, du juridique, de l’économique, sans oublier le Code de la route, la santé et la sécurité, etc.

(*) III et fin

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