La Tunisie a toujours entretenu de bonnes relations avec les pays de l’Union européenne. Cela lui a permis d’exporter une partie de ses biens vers ce groupement qui compte des millions de consommateurs. La coopération était basée, au début, sur le système des quotas. Notre pays avait le droit d’exporter, par exemple, des quantités définies d’huile d’olive, de produits de pêche, d’agrumes et de dattes. Un tel traitement de faveur visait à aider la Tunisie à améliorer ses recettes en devises et à trouver des débouchés sûrs pour vendre une partie de ses produits. Ensuite, pour pérenniser ses relations et ses échanges commerciaux dans le cadre d’une entente en bonne et due forme, il a été décidé, d’un commun accord entre les deux parties (la Tunisie et l’Union européenne), de conclure un accord d’association et de partenariat qui devrait déboucher sur une zone de libre-échange dans tous les secteurs, à commencer par l’industrie qui est libéralisée entièrement après une période de mise à niveau des entreprises industrielles tunisiennes.

Cette mise à niveau, qui s’est étalée sur plusieurs années, a été financée et appuyée techniquement par l’UE. Si certaines entreprises ont réussi à améliorer leur compétitivité et se faire une place au soleil dans l’espace européen, d’autres, par contre, n’ont pas pu suivre la tendance et n’ont pas résisté à cette concurrence acharnée et ont dû mettre la clé sous le paillasson. Maintenant, on parle d’un accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) qui devrait toucher les secteurs des services et de l’agriculture. Plusieurs voix émanant de la société civile et des organisations professionnelles se sont opposées à la signature d’un tel accord tant que le secteur de l’agriculture souffre de plusieurs maux et de nombreuses faiblesses. Autrement dit, les produits agricoles tunisiens ne sont pas en mesure de faire face à la concurrence des produits européens.

D’où la nécessité d’effectuer, à l’instar de ce qui a été fait pour l’industrie, une mise à niveau de notre agriculture qui se caractérise par un revenu modeste, un manque d’eau pendant les périodes de sécheresse, une main-d’œuvre vieillissante prédominée par les femmes qui sont chargées de la récolte et de la cueillette. Un travail en profondeur devrait être mené avec l’appui de l’UE pour rendre notre agriculture plus compétitive en réglant le problème de l’endettement des agriculteurs dont certains n’arrivent pas à bénéficier d’un nouveau financement de campagne. La Tunisie est pour l’ouverture de son économie sur les autres pays à condition, cependant, de bénéficier d’un traitement d’égal à égal et de placer l’intérêt suprême de l’Etat avant toute discussion.

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