Sous le patronage du ministre de l’Economie et de la Planification, l’Association tunisienne pour la promotion de la culture financière (Atcf) organise, en collaboration avec l’Union des banques maghrébines, la 5e édition de l’université d’été sur le thème «Le financement des investissements pour les entreprises», et ce, du 23 au 25 septembre 2022 à Hammamet-Sud.   

Durant la première journée, et après le coup d’envoi officiel de l’événement qui sera donné par Samir Saied, ministre de l’Economie et de la Planification, l’assistance débattra, lors d’un premier panel, du «rôle des banques dans les politiques de financement de l’innovation et de l’investissement». Lors de ce panel qui sera modéré par Bilel Sahnoun, directeur général de la Bourse de Tunis, plusieurs interventions seront au rendez-vous pour enrichir les débats, notamment, celles de  Dhafer Saidane, full professor à «Skema Business School-Université Côte d’Azur, chef de département Finance et Fintech, de Mahmoud Zouaoui, chef  de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et professeur de l’enseignement supérieur, de Hédi Larbi, conférencier à Harvard, diplômé de l’école des mines Paris et ex-ministre de l’Equipement, de l’Aménagement du territoire et du Développement durable, et de Aram Belhadj, enseignant-chercheur à la faculté des Sciences économiques et de Gestion de Nabeul et expert-consultant auprès de plusieurs organisations internationales, dont l’intervention portera sur «la situation économique actuelle de la Tunisie et les voies de sortie de crise».    

Le deuxième panel sera modéré par Hafedh Gharbi, président du comité général des assurances, et sera consacré à «l’industrie de l’assurance face aux risques émergents : solutions assurantielles». Au cours de ce panel, Chakib Abouzaid, secrétaire général du Gaif (General ArabInsurance Federation), parlera de la  nouvelle ère et des nouveaux défis et des «risques émergents et défis/ opportunités pour l’industrie d’assurance». «Les risques émergents et solutions assurantielles–Cas de l’Algérie» sera le thème abordé par Samir Chemmame, directeur général adjoint finance et management des risques de la société nationale d’assurance. Pour Monia Ghali, directrice des souscriptions conventionnelles au sein de Tunis-Re, elle discourra sur les «risques émergents et solutions assurantielles».       

Des débats riches et variés   

La deuxième journée, qui sera animée par Houda Hamdi, responsable d’audit interne et de la conformité au «Lloyd Assurances», enseignante universitaire et membre du comité scientifique de l’Atcf, aura pour thème «Le financement par fonds propres de l’investissement». Ce troisième panel sera débattu par d’éminents orateurs, à savoir Faycel Derbel, expert-comptable, président d’honneur de l’Ordre des experts comptable de Tunisie, ancien conseiller du chef du gouvernement et enseignant universitaire, Amor Bouzaouada, directeur général de l’Apii, ancien directeur général Citiba et Cncc, Samir Regaieg, ancien directeur de banque, consultant formateur en développement commercial, conseil, expert en développement du secteur privé et promotion de l’entrepreneuriat régional et expert auprès des bailleurs de fonds, Cyrine Bach Baouab, ancien cadre du CMF et gérante fondatrice de «Fin Partner», Salah Ben Youssef, ancien ministre de l’Industrie, expert–consultant en management de l’entreprise, et Karim Sethom, expert-comptable membre de l’Ordre des experts comptables de Tunisie. Les intervenants débattront des «mécanismes de financement des projets d’investissements», «startupsfunding : logique économique d’un projet d’investissement et sources de financement des startup en Tunisie», des «incitations à la création d’entreprises innovantes» et des «mécanismes de financement des projets d’investissement et le rôle du Fonds tunisien d’investissement».   

«Les financements alternatifs des investissements innovants» sera le thème du quatrième panel, modéré par Kamel Naoui, directeur de l’école supérieure de commerce. Néjia Gharbi, directrice générale de la CDC et présidente du Conseil d’administration de la BNA, parlera des «mécanismes de financements des startup et PME innovantes», Douja Gharbi, CEO Redstart traitera le thème du «Crowdfunding : mécanismes de financement alternatif», Nazeh Ben Ammar, vice-président de «Carthage Business Angels», ouvrira un débat sur le «financement de l’innovation par les investisseurs en capital». Pour sa part, Mondher Khanfir, expert international dans le domaine de l’Entrepreneuriat et des startup, parlera des «politiques publiques en matière de financement de l’investissement : les raisons de l’échec et les stratégies de relance» et Hatem Chanoufi, expert finances, banque et PME auprès du programme «Tunisia Jobs» de l’Usaid, présentera la plateforme «Joussour Invest». 

«Le financement de l’investissement ESG : un effet de mode, une conviction ou une logique financière ?» sera le thème de la dernière journée de la manifestation modérée par Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et membre du Comité scientifique de l’Atcf.

Investissement tourné vers l’innovation

Le rôle de l’investissement dans la croissance économique est généralement tenu pour acquis. L’investissement est favorable à la croissance et à l’emploi, d’abord parce qu’il permet d’augmenter la demande de biens et de services, ensuite parce qu’il permet d’améliorer les conditions de l’offre. Ainsi, le soutien à l’investissement est un élément important pour une croissance forte et durable. Néanmoins, il est important de mettre l’accent sur de nouveaux types d’investissement tournés vers l’innovation et axés davantage sur le domaine du numérique. Selon un communiqué des organisateurs de cette cinquième édition de l’université maghrébine d’été du secteur financier, « l’investissement le plus important est dans le savoir-faire et le savoir-être du capital humain. Désormais, ces deux objectifs récents doivent être orientés vers l’apprentissage des jeunes, pouvant inclure une mobilité maghrébine et la réussite de la transition énergétique vers une économie à moindre carbone. Pour cela, il faudra trouver les véhicules de financement de ces investissements longs et avec un aléa collectif. Le défi du financement de l’investissement dans le Maghreb est d’assurer la bonne compatibilité du «triangle de financement », entre des attentes légitimes, mais en tension potentielle: des investissements plus innovants et donc plus risqués; une épargne abondante mais prudente ; un système financier mieux sécurisé après les crises financières sanitaires et géopolitiques. Les ambitions d’une Union de financement et d’investissement : diversification des possibilités de financement des entreprises ; meilleure mutualisation de l’épargne dans la zone du Maghreb et une orientation vers le long terme des épargnants maghrébins. Les financements doivent avant tout évoluer dans leur nature».

Selon la même source, «les banques et les institutions financières n’encouragent pas les financements des investissements en rupture. Ainsi, le financement bancaire de l’investissement reste massivement celui de crédits à moyen terme ou crédits-bails, garanti par un actif physique. Or, les entreprises en création ou en croissance ont besoin de fonds propres plus que de crédits, et les banques ne peuvent directement répondre à cette attente. Ainsi, et face aux besoins plus larges, les entreprises doivent pouvoir diversifier leurs instruments de financement. Une économie «à la frontière technologique», qui doit innover et donc davantage risquer, devrait se financer davantage par fonds propres. Les banques doivent agir sur les crédits de trésorerie aux TPE, et en innovant sur le financement long du BFR. Le développement des offres alternatives, autour de la finance solidaire et du «crowdfunding», est un autre stimulant bienvenu. Les fonds propres ne doivent pas manquer globalement aujourd’hui et doivent être orientés vers le capital-risque, mais la priorité pour demain est de réorienter une part croissante de l’assurance-vie vers les actions».

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