A l’ère de la technologie à outrance et du confinement à cause d’une pandémie ou autre, l’être solitaire a pris beaucoup d’avance sur celui plus sociable et chaleureux. L’isolement social traduit nécessairement un malaise, mais il faut lutter contre cet état de repli affectif et d’enfermement psychologique. 


L’isolement social n’a pas que du bon pour la personne qui cherche à prendre du recul et s’écarter des groupes en société et méditer, quitte à opter pour des activités individuelles, comme la prière ou la spiritualité pour faire du yoga, notamment pour les femmes. Ce qui est le seul bon côté de ce recul sur la société et le monde qui nous entoure chaque jour. Car la rupture du lien social est marquante, ces dernières années, notamment durant la période de la pandémie du Covid-19 avec l’obligation de ne plus approcher son entourage, ni physiquement, ni de façon tactile. L’isolement social, déjà traduit par une forte exposition aux écrans, est renforcé par ce qui en découle comme mal-être, inaptitude à se concentrer, à moins dialoguer. Forcément on sait tout aujourd’hui avec Internet. A tort évidemment. Mais alors qu’est-ce que l’isolement social ? D’après le moteur de recherche Google, « c’est la situation dans laquelle se trouve la personne qui, du fait de relations durablement insuffisantes dans leur nombre ou leur qualité, est en situation de souffrance et de danger ».

 Se prémunir de l’isolement social

On en déduit que la personne, en s’isolant de façon extrême, peut adopter des comportements étranges, une fois en société, avec une souffrance intériorisée et masquée envers les autres. Ce qui conduit à un manque d’interactions avec les autres. Alors qu’il faut bannir des attitudes aussi déplorables en société et retrouver le goût d’être avec les autres avec le sourire et l’esprit de camaraderie au travail, par exemple. Un isolement social conforté par l’utilisation de gadgets électroniques de façon intempestive et sans limite, comme on l’a dénoncé dans une récente édition du magazine électronique, avec le temps passé sur les écrans ce qui est assez nuisible.

D’ailleurs, un des endroits de la planète où l’isolement social est devenu un véritable phénomène de société, ce qui n’est véritablement pas le cas de la Tunisie au moins dans sa proportion et ses particularités, c’est le Japon, pays partenaire et ami de longue date.

 Des « Hikikomori » tunisiens ?

Dans un numéro de Libération, paru en 2019, la rédaction titrait sur les Hikikomori : «Le retrait social fonctionne comme une addiction ». On apprend que la crise économique que subit le Japon depuis le début des années 1990 a fait émerger un être étrange : l’hikikomori. Ce sont, pour la plupart, des hommes qui vivent reclus chez eux, comptant généralement sur leurs parents pour survivre. Mais quand on connaît le nombre de jeunes Tunisiens qui vivent aux crochets de leurs géniteurs par les temps qui courent, même si certains d’entre eux lancent des messages à quitter les cafés et se décarcasser pour travailler n’importe quel « job », à la volée, on peut s’interroger sur la tunisification de ce phénomène nippon. Beaucoup de Tunisiens hésitent à s’engager dans la voie du mariage, pour des raisons financières et prolongent indéfiniment leur séjour auprès des leurs…

La crise économique exsanguë que traverse la Tunisie à son tour est un secret de Polichinelle et nul doute que ce phénomne de société a pris de l’ampleur en Tunisie, les deux sexes confondus. Même si la gent masculine est plus encline à adopter ce phénomène de société que la féminine. Les femmes ont tendance à vouloir s’émanciper rapidement et quitter le foyer familial dès le plus jeune âge, tout le contraire des hommes… Il faut s’atteler à renouer avec les liens sociaux positifs et constructifs et garder le sourire en tout état de cause. Comme disait Jean d’Ormesson, écrivain français, décédé en 2017 dans une de ses célèbres tirades : « La vie est une vallée de larmes, mais aussi une vallée de roses ! »

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