On ne va pas affronter le Brésil uniquement pour ne pas perdre en sacrifiant le spectacle, mais avec le souci de bien jouer et de traiter d’égal à égal avec un adversaire qui impose le respect…

Toutes les équipes du monde rêvent d’affronter l’équipe du Brésil en amical. En matches officiels, notamment en phase finale d’une Coupe du monde, aucun sélectionneur n’aime que la Seleçåo soit sur sa route. Même si ce n’est pas le grand et impressionnant Brésil de Pelé, Jairzinho et Rivelino ou du triple R, Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho qui ont donné aux cariocas leur dernier trophée de champion du monde en 2002 au Japon. Cette équipe qui n’a pas brandi le sacre suprême depuis 20 ans tentera de renouer avec son glorieux passé au Qatar. Avec une nouvelle génération de joueurs talentueux et doués, tous prêts à crever les écrans et à faire la une des journaux du 18 novembre au 19 décembre prochain. La partie de demain des Aigles de Carthage contre ce Brésil new-look au Parc des Princes à Paris est le test qu’on attend pour se situer parmi les équipes de haut niveau et mesurer le degré de nos ambitions. A-t-on le droit d’avoir les dents longues et les moyens de viser haut avec la qualification au deuxième tour qui demeure notre rêve jamais atteint? Contre la modeste équipe des Comores, nous n’avons rien eu à nous mettre sous la dent et les craintes sont revenues très fortes. Pendant ce temps, l’équipe de Tite, elle, n’a fait qu’une bouchée du Ghana au Havre avec trois buts à zéro (but de Marquinhos et doublé de Richarlison). Neymar était de la partie avec deux dernières passes décisives sur deux des trois buts marqués

Ne pas se tromper d’approche et perdre les boussoles

Ce n’est, certes, qu’un match de préparation, mais c’est sans doute le test le plus important jusqu’à ce jour pour le sélectionneur des Aigles, Jalel Kadri. La première pierre, la pierre angulaire d’un match plein et réussi, c’est à lui de la mettre en place et en œuvre  et d’en assumer la responsabilité. Ça commence avec le choix du système de jeu à adopter et des profils des joueurs à mettre dans le Onze de départ puis dans la gestion et le coaching du grand débat.  Il n’ira pas, c’est certain, jusqu’à opter pour le 4-4-2 losange à vocation offensive avec deux pointes devant ( qui donne beaucoup de solutions en attaque). Et pourtant, il a intérêt à tester ce système qui fait la force de l’équipe de France de Didier Deschamps, notre principal adversaire qui peut nous barrer le chemin du second tour. Il ne l’a pas fait contre les modestes Comores et il ne se risquera pas à l’utiliser contre les redoutables brésiliens. A ses yeux, bien entendu, ce serait un suicide tactique. Par contre, le 4-3 -2-1, ce serait, toujours selon lui, bien sécurisant et moins téméraire. Le réflexe d’un coach qui aborde les matches en fonction de la stratégie et des points forts de ses adversaires pour les contrecarrer et pas en se servant des qualités de ses joueurs pour les surprendre. On ne peut pas, avec de telles conceptions et principes de jeu, aller et viser loin. Si on conserve ces schémas de jeu moins audacieux d’équipe recroquevillée derrière qui joue le contre face à des équipes comme la France et le Danemark, eh bien, il vaudrait mieux ne pas mettre le deuxième tour du mondial au Qatar à l’ordre du jour.

Il n’y aura pas donc un changement radical du système, mais plutôt plus de verrouillage avec un 4-3-2-1 qui se transforme en 4- 5 -1 en phase de transition défensive pour plus de densité au milieu de terrain afin de priver de ballons  les nombreux attaquants (Vinicius JR, Firmino, Richarlison, Rodrygo et Anthony) qui gravitent autour du seul Neymar, seule rampe de lancement des percées rapides dans  l’axe de notre défense et sur ses côtés en l’absence de Philippe. Face à un système de jeu tellement clair des Brésiliens, ça c’est sûr, il y aura forcément changement de profil des joueurs. 

A commencer par le retour de Aymen Dahmen dans les buts, de Mohamed Drager sur le flanc droit de la défense, probablement  d’un autre axial (Ghandri ou Bronn aux côtés de Talbi) avec le maintien de Mâaloul même en demi-teinte au détriment de Rami Kaîeb au poste de latéral gauche, l’incorporation de Ghaylêne Châalali au milieu, de Naim Sliti et pourquoi pas Ben Slimane comme animateurs de jeu par alternance derrière Wahbi Khazri. Taha Yassine khénissi sera confirmé comme seule pointe surtout que le jeu des Brésiliens lui sied et lui offrira des espaces et des opportunités de marquer. Issam Jebali et Seifeddine Jaziri feront banquette en espérant une entrée en cours de jeu tout comme les Hannibal Mejbri, Chaim Djebali et Ltaïef encore trop frêles pour les duels  de haut niveau. Ces changements qui toucheront la moitié de l’équipe métamorphoseront certainement le visage assez pâle des Aigles de Carthage face aux Comores, mais de là à penser qu’ils transcenderont le groupe pour nous assurer résultat et manière à la fois,  c’est sûrement être plus optimiste qu’il ne le faut et aller très vite en besogne. Jalel Kadri sait qu’il joue gros et est déjà sur des charbons ardents.

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