Suite à la pose de la première pierre du nouveau local de l’Institut Français de Sousse, le 22 septembre dernier, dont l’ouverture est prévue pour la rentrée de septembre 2023, l’ambassadeur de France en Tunisie, André Parant, s’est montré enthousiaste pour les éventuels échanges et collaborations dans les domaines de l’éducation et de la culture entre la France et la Tunisie. Interview.

Vous venez de poser la première pierre du nouveau local de l’Institut Français de Sousse.

Je suis très heureux d’être à Sousse pour la pose de la première pierre de cette nouvelle antenne de l’Institut Français de Sousse. Il y en avait une qui a déjà été délogée à cause des locaux trop exigus, et donc nous avons saisi l’occasion de la fermeture de l’école Guy de Maupassant, pour installer, dans les locaux libérés, la nouvelle antenne de l’Institut Français de Sousse.   

Cet institut va se développer considérablement à travers la réalisation de ce projet qui va offrir des possibilités et des services beaucoup plus étendus de ce que pouvait offrir l’ancienne antenne.

Comment voyez-vous l’état actuel de la francophonie en Tunisie ?

Le travail sur la francophonie est l’un des axes prioritaires de l’action de l’Institut Français de Tunisie, l’évolution se fait dans différents domaines à travers le développement du réseau des écoles françaises et du programme français en Tunisie, dans le cadre du projet de « Tunisie Pilote ».

En l’espace de quelques années, et plus précisément en 2017, le président de la République française, Emmanuel Macron, avait lancé l’initiative de doubler le nombre des effectifs des élèves dans les écoles françaises dans le monde, et en Tunisie, nous avons lancé ce programme qui permettra, en effet, de doubler les effectifs des élèves dans les établissements francophones d’ici les années 2023-2024. Nous avons compté 10.000 élèves dans le réseau des établissements francophones en Tunisie en 2017. Il y en a aujourd’hui 18.000 et on devrait atteindre les 20.000 en 2024, avec des perspectives de développement qui sont extrêmement positives.

En quoi consiste le programme « Tunisie Pilote » ?

Nous menons ce programme « Tunisie Pilote » en partenariat avec des opérateurs privés qui financent la construction des établissements ainsi qu’avec l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE). Cette dernière apporte aux établissements privés, nouvellement créés, les éléments de leur développement, notamment dans le domaine pédagogique qui garantit la qualité de l’enseignement dispensé dans ces établissements et sa conformité aux standards de l’éducation publique en France.

C’est un programme mis en œuvre par l’IFT, qui a déjà permis d’augmenter de façon très importante les effectifs des écoles au programme français en Tunisie et que nous allons poursuivre.

L’avenir de la langue française en Tunisie se joue, certes, à travers l’existence de ces établissements au programme français. Mais surtout à travers l’enseignement public tunisien, là où nous avons remarqué que le niveau de l’enseignement du français s’est dégradé au fil du temps. De ce fait, nous sommes conscients qu’il y a des efforts considérables à fournir pour rehausser le niveau de formation, en particulier des enseignants et par conséquent le niveau de français des élèves.

Nous sommes, dans ce cadre, en discussions avec le ministère de l’Education tunisien, pour mettre en œuvre un programme visant à améliorer la formation des enseignants de français, de façon à inverser cette tendance perçue depuis plusieurs années concernant la dégradation du niveau de français des enseignants et donc des élèves.

Il y a des enjeux qui tiennent purement à l’usage du français en Tunisie. Si les gens n’apprennent plus le français à l’école ou s’ils l’apprennent mal, ils auront tendance à se décourager d’apprendre encore plus la langue. Il y a également des enjeux de développement pour la Tunisie, puisqu’une partie de l’enseignement public tunisien est dispensée en français. Si nous voulons donner à ces élèves, qui sortent de l’enseignement public tunisien, les instruments de leur réussite, d’abord au niveau universitaire puis au niveau professionnel, il faut leur permettre d’avoir un bon niveau de français.

Quelles sont les perspectives potentielles dans le domaine culturel ?

Le domaine culturel est principalement géré à travers l’Institut Français de Tunis et les deux antennes de Sousse et de Sfax. Mais pas que. Depuis quelques années, nous avons procédé à la création d’un réseau d’alliances françaises en Tunisie, et il y en a 6 qui ont été créées depuis 2017, celles de Tunis, Bizerte, Gabès, Djerba, Gafsa et Kairouan.

Dans les villes où l’Institut Français n’est pas implanté, nous avons essayé de développer une offre de l’enseignement du français ainsi qu’une offre culturelle française et francophone. A Tunis, nous avons créé une alliance malgré tout, puisque le bassin est large. On peut y avoir en même temps un institut français et une alliance française. Et nous évitons d’ailleurs la concurrence entre ces deux structures.

Des encouragements dans la coproduction France-Tunisie dans le domaine culturel/artistique…

C’est principalement la fonction de l’IFT, qui mène toute une série d’actions et de projets dans le domaine culturel, en partenariat avec les institutions publiques tunisiennes, en particulier le ministère des Affaires culturelles tunisien. Et aussi avec des opérateurs culturels privés, à travers, par exemple, la participation et le soutien d’un certain nombre de festivals qui sont organisés en Tunisie, ou d’un certain nombre d’associations tunisiennes qui œuvrent dans le domaine de la culture.

Il y a également un accord dans le domaine du cinéma entre le « Centre national du cinéma et de l’image animée » (CNC) de France et le CNC tunisien, qui prévoit un fonds d’aide à la coproduction et permet de financer la production d’œuvres cinématographiques tunisiennes.

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