On a l’impression, dans notre pays, que même si les gouvernements changent, les systèmes politiques changent aussi, mais il y a toujours ce retard criard dans la prise de décisions et également dans leur exécution. On traîne trop à repérer un aléa, à corriger une imperfection et à agir pour résoudre un problème. Cela touche tous les aspects de la prise de décision : politique, économique, écologique, culturel, sportif, juridique, etc. et quand bien même les erreurs se répéteraient, rien ne change : toujours ce retard pris qui coûte cher, trop cher. Et en politique, prendre tout son temps pour une conception intelligente et efficace des décisions est un devoir, mais traîner les pieds, perdre du temps à constater, à intervenir et à suivre ce que l’on décide sur le terrain est une aberration. Voyez combien de projets traînent depuis des années et qui nous coûtent des pertes chaque jour qui passe, voyez aussi la lenteur politique de ceux qui dirigent, voyez comment des problèmes de tout ordre se sont compliqués parce que l’on n’est pas intervenu à temps. Au moment où les grandes nations et celles qui se développent gagnent dans les délais, anticipent à la perfection ce qui va se passer autour d’elles, nous restons figés et inertes ressassant les mêmes clichés et vivant sur un passé que l’on veut glorieux mais qui ne l’est pas en bonne partie.

Ces lourdeur et lenteur , c’est le citoyen qui les endure et qui en paye les frais dans sa vie quotidienne face à l’administration publique par exemple où l’on fait tout pour allonger les délais et compliquer les procédures. Ce sont également les investisseurs qui en payent les pots cassés, eux qui monnayent le facteur temps et qui finissent dans plusieurs cas par déserter les lieux et choisir d’autres pays pour faire fructifier leur argent. Prenez l’exemple de ce fameux accord  avec le FMI et combien de temps perdu à négocier et à renvoyer l’échéance pour  accepter avec du retard des mesures visibles dès le départ imposées par le bailleur de fonds international. Et cet accord, qui impose des décisions douloureuses dans le secteur public et dans la politique de compensation, on ne l’a pas encore jusqu’à aujourd’hui signé, alors que le temps presse et le déséquilibre des finances publiques se fait de plus en plus considérable.

Cela témoigne aussi d’une culture et d’un état d’esprit enracinés qui n‘accordent pas au facteur temps (si primordial en économie) la valeur et le poids qu’il mérite. Pour le changer, il faut donner l’exemple à partir de la haute sphère des décideurs politiques. Sinon, on traînera encore et on perdra beaucoup de temps et d’intérêts aussi.

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