Hormis les inconditionnels du Président, ce sont les questions de tout le monde, aujourd’hui. Les contres comme, petit à petit, les pour «25 juillet». Les contres font simple posture dans leur majorité. À la vérité, ils se seraient passé de questions. Pour eux, de prime abord il y avait «coup d’État», et «pour toujours ce serait sans solution» Les pour attendent, de leur côté, que promesses faites soient tenues. Mais le doute les envahit. Le «25 juillet» et le régime d’exception qui s’en est ensuivi s’engageaient à tout réparer du désastre de ladite décennie noire. La corruption politique et économique, les dossiers des assassinats de Belaid et Brahmi, ceux des attentats terroristes, ceux de l’envoi de nos jeunes en Syrie et tant d’autres encore sur le blanchiment d’argent et les «manipulations» des budgets. Il faut reconnaître qu’à ce jour cela reste sans réels résultats.

Où en sommes-nous?  Une certitude, la seule :  dans le recul économique et social du pays. Le plus grave depuis les années 80. Surendettement, chômage, déficit commercial, inflation, chute de la monnaie et du pouvoir d’achat. Il y a peu, il y avait presque unanimité autour du coupable. Décennie noire et gouvernements alliés et sous contrôle d’Ennahdha. Là, néanmoins l’après-25 juillet temporise, retarde, s’occupe ailleurs, au point que les erreurs se confondent et que la faute est, désormais, comme partagée. Nous en sommes, hélas, aussi, à une crise ouverte et déclarée entre pouvoir, institutions et partis. La plus vive et la plus dangereuse concerne la justice, la magistrature et les magistrats. La grande difficulté (le danger !) réside dans le fait que nous sommes en présence d’un affrontement de conceptions. La justice tunisienne ne se dit pas sans reproches, mais elle s’oppose à une réforme du Président Kaïs Saïed qui ne l’envisagerait que comme simple fonction. Séparation des pouvoirs, indépendance de la justice sont remis en débat, apparemment, insoluble débat. Des pour et des contre 25 juillet, des doutes chez les fidèles du Président, une économie et une société aux abois, justice et partis mis en crise, et autres blocages, autres divisions. : A qui interroge, esquisse d’état des lieux. Reste à essayer de compléter la réponse. Où tout cela nous mène-t-il ? Où allons-nous ? Difficile de prévoir en politique, et principalement si cela se rapporte à des projets. La Tunisie qu’entend édifier Kaïs Saïed est une Tunisie en porte-à-faux avec toutes les normes classiques. Qui plus est aux expériences rarissimes et inabouties. La Tunisie qui s’y oppose est une Tunisie libérale et démocratique qui peine encore à soigner ses débuts. Comment savoir, comment choisir, comment trancher ? L’erreur guette, et elle est souvent fatale dans la guerre des idées. L’heure, recommandent nos économistes, est de nous réunir pour traiter le plus visible et le plus lisible, la situation de notre économie. C’est à l’abri des déficits et des faillites que nous jugerions le mieux de l’avenir politique qui nous convient.

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