Lors de la cérémonie de remise des trophées des lauréates de la 7e édition de Femmes Entrepreneuses de Tunisie (FET), organisée par le magazine «Managers», en partenariat avec  la Fondation Friedrich-Naumann pour la Liberté, les entrepreneuses tunisiennes ont brillé de mille feux.

Le projet Femmes Entrepreneuses de Tunisie est organisé par le magazine «Managers» et soutenu par la Fondation Friedrich-Naumann pour la Liberté. Habib Karaouli, président-directeur général de CAP Bank, a annoncé lors de la cérémonie que cette 7e édition de la femme entrepreneuse, pour cette année, a été organisée par le magazine «Managers» sous la houlette de Sahar Mechri Kharrat, sa directrice exécutive.

L’état de l’écosystème entrepreneurial

Cet évènement serait selon lui « le plus ancien et le pionnier dans le domaine de l’entrepreneurhip féminin ». Ce rendez-vous est devenu incontournable et a permis, jusque-là, à une cinquantaine de femmes de briller, de bénéficier de sa notoriété et de voir également quelques portes s’ouvrir un peu plus largement depuis. «Chaque année nous apporte son lot d’enseignements. Il n’est pas de meilleur miroir que ce concours pour juger de l’état de l’écosystème entrepreneurial et de ce parcours de combattant qu’est d’entreprendre en Tunisie, ici et maintenant», a expliqué Karaouli.

«Si j’avais à illustrer l’état d’esprit général de cette édition, je dirais: résilience, détermination et pugnacité face à l’adversité. Il est difficile d’entreprendre en Tunisie. Ça l’est encore plus quand l’on est une femme, à l’intérieur du pays et dans des activités qui ne sont pas le prolongement des activités de domicile», a ajouté le président- directeur général de CAP Bank. Pour la plupart, entreprendre n’est pas un pis-aller. Ce n’est pas un substitut au salariat. C’est un choix parfaitement assumé qui exprime une volonté d’autonomie et de réalisation. C’est pour cela que l’évaluation du jury se base sur les critères suivants : innovation, impact environnemental et sociétal, pérennité du projet et impact social.

De même, dans une volonté de booster davantage les candidates implantées dans les zones de développement régional prioritaires, une pondération additionnelle de 5% dans le calcul du score leur a été accordée. Ainsi, les cinq premières candidates de chaque secteur sont venues «pitcher» devant le jury comptant 60% de la note finale.

Une ode à la gloire de la gent féminine

De son côté, Hédi Mechri, directeur du groupe de presse des magazines «L’Economiste Maghrébin», «Le Manager» et «L’Etudiant», a déclaré à cette occasion : «Je voudrais vous exprimer toute ma joie de vous accueillir pour fêter ensemble la remise des Trophées des Femmes Entrepreneuses de Tunisie. Ce soir, nous abordons notre 7e édition, j’en éprouve autant sinon plus de satisfaction et d’émotion que lors des toutes premières cérémonies».

Pour Hédi Mechri, l’élection de la Femme Entrepreneuse de Tunisie a gagné en maturité et en notoriété. Elle s’est bonifiée au fil des ans. On mesure la montée en puissance des candidats à la qualité, à la complexité, au contenu technologique et au large potentiel de développement de leur projet. Le temps semble avoir fait son effet. L’institution FET a stimulé l’ardeur des porteuses de projets, accru leur désir d’entreprendre, donné du sens et des moyens pour réaliser leur rêve et l’opportunité de se réinventer. L’élection des FET est une ode à la gloire de la gent féminine pour avoir été longtemps discriminée. C’est une initiative pour casser les codes. C’est enfin un message pour signifier à toutes celles qui le souhaitent d’oser et d’aller jusqu’au bout de leur rêve.

Mechri a, par ailleurs, expliqué que six prix sont décernés à cet effet pour couvrir tous les champs d’inventivité et de créativité, tous secteurs confondus. « L’agribusiness, revisité par les nouvelles avancées techniques pour ne pas nous couper de nos racines, l’industrie, la culture, l’artisanat, les services, le high-tech pour mieux se connecter au futur. Chaque année, elles sont de plus en plus nombreuses à concourir. Seuls les projets les plus aboutis, c’est la loi du genre, seront retenus et primés. Ce qui n’enlève rien au mérite de celles auxquelles la chance n’a pas souri. Rien ne les empêche, rien ne leur interdit de s’imposer, le moment venu. L’occasion pour nous de saluer leur courage, leur ingéniosité, leur détermination, leur anticonformisme et leur capacité à briser le plafond de verre. L’émergence de l’entrepreneuriat féminin est à ce prix. Qui interpelle autant leur responsabilité sociale que leur engagement politique au sens noble du terme. Pour conclure, leur nom ainsi que leur figure emblématique soient à jamais associés à cette manifestation», a-t-il fait savoir.


Liste des lauréates primées

Olfa Kilani, fondatrice de Kyto-Prod, lauréate du Trophée Industrie, prix Poulina Group Holding (PGH).
Eshraf Bou Sabah, fondatrice de Bellari Atelier, lauréate du Trophée Culture, prix Arab Tunisian Bank (ATB).
Besma Baccouche, fondatrice de Spiruline Spiruvita, lauréate du Trophée Agribusiness, prix Banque nationale agricole (BNA).
Ynes Hafi, fondatrice d’Arsela Technologies, lauréate du Trophée TIC, prix Impact Partner.
Wafa B’chir, fondatrice de World Bio Consulting, lauréate du Trophée Services, prix Mutuelle Assurance de l’Enseignement (MAE).
Ahlem Chortani, fondatrice d’IMA Design, lauréate du Trophée Artisanat, prix Caisse des dépôts et consignations (CDC).-Olfa Kilani (Kyto-Prod) a été élue Femme Entrepreneuse de Tunisie pour l’année 2022.
A l’issue de FET 2022, les six femmes sélectionnées bénéficieront d’un chèque de 7.000 dt et d’un accompagnement par l’accélérateur Redstart, partenaire des Trophées des Femmes Entrepreneuses de Tunisie

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