• Le Président Kaïs Saïed : «La loi électorale n’exclut pas les partis politiques»
• Les responsables de l’Isie précisent : «Les partis politiques peuvent participer aux campagnes électorales de leurs candidats qui postuleront à titre personnel»
• Les partis «Alliance nationale» et «Al Massar» annoncent leur boycott des élections en signe de protestation contre «les dysfonctionnements et les lacunes contenus dans le décret-loi électoral»
• Le parti «Tunisie en avant», connu pour son soutien au processus du 25 juillet, émet des réserves sur la nouvelle loi électorale

Les partis politiques sont-ils réellement exclus de la participation aux élections législatives anticipées programmées pour le 17 décembre prochain, comme  le répandent plusieurs sources depuis la promulgation le 15 septembre dernier du décret présidentiel relatif à l’amendement de la loi électorale en date de 2015?

Les candidats à ces mêmes élections doivent y postuler à titre  personnel, selon les amendements en question, mais les partis politiques auxquels ils appartiennent seront-ils autorisés à participer aux campagnes électorales que mèneront leurs candidats qui n’ont pas le droit de signaler dans  leurs dossiers de candidature qu’ils représentent tel ou tel parti ?

Quels sont les partis qui ont annoncé, bien avant le démarrage de dépôt des candidatures au palais du Bardo, qu’ils vont boycotter les élections et pour quelles raisons ont-ils pris la décision de bouder le rendez-vous du 17 décembre 2022 ?

Autant d’interrogations qui préoccupent le paysage politique et civil national depuis l’entrée en vigueur de la période électorale, le 25 septembre dernier, et en attendant l’ouverture des candidatures pour le Parlement du 17 au 24 octobre, conformément au calendrier électoral déjà publié par l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie).

Le Président de la République met les points sur les “i”

Le président, le vice-président et le porte-parole officiel de l’Isie ont beau répéter, au cours des semaines écoulées, que rien, dans le décret présidentiel relatif aux prochaines législatives, n’indique que les partis politiques y seront exclus. Les commentaires de ces mêmes partis et de plusieurs analystes soutenaient le contraire, obligeant le Président de la République à intervenir publiquement dans ce débat qui n’en finit pas pour dire clairement et crûment: «La loi n’exclut pas les partis politiques de prendre part aux élections législatives anticipées».

Donc les choses sont maintenant claires comme l’eau de roche et ne souffrent plus aucune interprétation propre à semer le doute dans l’esprit des Tunisiens.

Désormais, tous les partis politiques qu’ils soient opposés au processus du 25 juillet ou qu’ils soutiennement publiquement les approches du Président Kaïs Saïed, ont le droit, s’ils le désirent bien sûr, de participer aux élections. Plus encore, ils peuvent contribuer à la campagne électorale des potentiels candidats qui se présenteront, à titre personnel, mais qui s’activent en réalité au sein de ces partis politiques. La précision introduite par le Chef de l’Etat lors de son allocution à Béni Khiar pour assister à la réunion préliminaire sur la création de la première entreprise citoyenne lève, ainsi, les doutes et les commentaires les plus ambigus et les plus contradictoires, voire discordants qui ont accompagné les dernières déclarations des premiers responsables de l’Instance des élections, lesquelles déclarations ou clarifications ont révélé, malheureusement, que ces mêmes responsables n’avaient pas la même interprétation des nouvelles dispositions contenues dans le code électoral amendé et publié en date du 15 septembre dernier.

Seulement et en dépit des clarifications produites par le Chef de l’Etat, certains partis politiques, y compris ceux qui soutiennent la dynamique du 25 juillet, persistent dans leurs positions antérieures et répètent qu’ils boycotteront les élections en signe de contestation de ce qu’ils considèrent comme «dysfonctionnements et lacunes contenus dans le décret-loi électoral».

Ainsi, le parti l’Alliance nationale a-t-il annoncé dans un communiqué rendu public, lundi dernier, qu’il va boycotter les prochaines élections législatives et dénonce «l’exclusion intentionnelle des partis politiques», tout en relevant que la nouvelle loi électorale n’a pas pris en compte les spécificités des circonscriptions électorales».

De son côté, Al Massar annonce qu’il a pris aussi la décision de bouder les législatives du 17 décembre prochain.

Il justifie sa décision par la mise en place «d’une loi électorale anticonstitutionnelle, un climat de crise et l’absence de toute garantie d’élections libres, pluralistes et transparentes».

Quant à Abid Briki, président du parti Tunisie en avant, il menace de boycotter les législatives pour ce qu’il appelle «des réserves émises par le parti sur la nouvelle loi électorale parue dans le Jort».

Pourtant, le conseil central du parti réuni les 1er et 2 octobre s’est dit convaincu, dans sa déclaration finale, «de l’importance d’adhérer massivement aux prochaines élections législatives».

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