De notre envoyé spécial à Riyad Kamel FERCHICHI

Nos publications exposées ont été fort appréciées. Pris à témoins, des écrivains, des intellectuels et acteurs n’ont pas manqué de livrer de bonnes impressions.

A son 6e jour, le pavillon tunisien, parce que la Tunisie est l’invitée d’honneur à la foire internationale du livre de Riyad, continue de drainer les visiteurs. Le week-end dernier, qui coïncidait avec l’ouverture de la foire, du 29 septembre au 8 de ce mois, l’affluence était aussi massive, afin de découvrir nos nouvelles publications et en savoir plus sur nos maisons d’édition dont 16 y sont présentes. Or, sous nos cieux, cela pose encore problème, du fait que le secteur du livre, dans tous ses états, s’enfonce dans une crise de vente sans précédent. Cela dit, nous ne lisons plus comme avant. S’ensuivirent déclin, faillite et pertes d’emplois.

Crise à l’heure du numérique !

Mais, la récession de lecture est due essentiellement à plusieurs facteurs d’ordre financier et culturel, gravement ressentis à l’aune du digital et l’invasion des réseaux sociaux. Pire, le livre numérique n’est pas encore en vogue, et dont l’accès semble souvent hors de portée. L’acheter en ligne fait également face à des plateformes généralement faibles et techniquement défaillantes. Comme le confirme, d’ailleurs, le président de l’Union des éditeurs tunisiens (UET), cette contrainte se rapporte, a priori, à la faiblesse des plateformes de promotion en ligne du livre et à la non-conformité des services financiers numériques en Tunisie. S’y ajoutent les exigences du paiement et la distribution en ligne. D’autant plus que le Tunisien n’est pas encore habitué à la lecture en ligne et préfère toujours feuilleter le livre avant de l’acheter. Du reste, cela n’est guère un motif de réticence, tant il est vrai que lire est le désir de se faire un plaisir cognitif et intellectuel. Lecture étant alors une culture à part entière.

Qu’en est-il des éditeurs ? Leur situation est tributaire à celle des auteurs et le goût complexe des lecteurs. L’UET déplore, ici, l’absence d’une stratégie en mesure de sortir de l’ornière un tel secteur sinistré et incapable d’honorer ses engagements financiers et payer ses employés. D’après ces professionnels, les ventes ne dépassent pas, dans le meilleur des cas, le seuil de 10%. Soit des recettes au plus bas que celles enregistrées durant les années précédentes. En temps de crise sanitaire à cause de la pandémie, l’édition, comme tout secteur, encaissa le coup, sans en venir à bout. Cela allait de soi ! Interpellé, le ministère de la Culture devrait lui trouver une solution. Le président de l’UET avait souligné que l’Etat demeure le premier garant qui lui incombe de rétablir l’industrie du livre et de l’édition, à l’heure où le coût du papier est assez élevé.

Un écho favorable

Tout compte fait, les foires et manifestations du livre ont dû marquer le coup. Celle de Riyad n’est pas en reste, où la participation tunisienne semble être bien appréciée. Auprès des responsables saoudiens, écrivains et visiteurs, elle semble avoir trouvé un écho favorable. A l’ouverture, rappelle-t-on, le vice-ministre saoudien de la Culture, Hamed Fayez, s’est rendu au pavillon tunisien, où il s’est enquis de la liste des publications exposées. Dans une déclaration médiatique, postée sur la page facebook du ministère, il a fait valoir que le choix, cette année, de la Tunisie en tant qu’invitée d’honneur, s’inscrit dans le droit fil des relations de fraternité qui lient les deux peuples tunisien et saoudien, mais aussi de renforcer davantage la coopération bilatérale, notamment dans le domaine culturel. Il a également mis en valeur l’ensemble des livres et des ouvrages de référence en matière de pensée et de littérature. Pris à témoins, des écrivains, des intellectuels et acteurs n’ont pas manqué de livrer de bonnes impressions.

Bien que le secteur du livre et de l’édition ait du mal à trouver son compte, face à ce nouvel ordre économique et culturel, il y a, certes, des initiatives actives visant à rendre au livre son prestige. Pas plus tard qu’en août et juillet derniers, avait eu lieu, à travers les régions, la 29e édition du festival national du livre d’été «Massif Al Kitab», comptant dix mille activités tournant autour du livre et la valeur de lecture et plus de 600 mille bénéficiaires, tous âges et catégories confondus. Une telle manifestation est de nature à redonner l’envie de lire. Néanmoins, il n’y a pas une politique de suivi. Et dire toujours que le livre est le meilleur ami du monde !

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