Beaucoup de Tunisiens conviennent que l’acquis n°1 de la révolution est la libération de la parole dans le sens où les langues se sont déliées, que les tabous ont sauté, que les interdits n’existent plus et que la liberté est devenue une pratique courante.

Mais l’accession à la liberté a un coût que les Tunisiens n’ont pas manqué de ressentir dès les premiers mois de la révolution et continuent malheureusement à en payer le prix près de huit ans après.

Il s’agit de la mauvaise pratique de la liberté dans le sens du non-respect de l’autorité de l’Etat et de l’amplification de plus en plus inquiétante des actes de violence et d’insubordination à l’encontre des représentants des autorités publiques et des agents des administrations.

Ainsi, l’autorité ou le prestige dont jouissaient auparavant les fonctionnaires (policiers, cadres médicaux, agents administratifs, enseignants, etc.) et le respect qu’ils trouvaient lors de l’exercice de leur mission auprès des citoyens ne sont plus qu’un souvenir nostalgique.

Aujourd’hui, l’agent administratif ou le fonctionnaire est quotidiennement l’objet de toutes les formes d’atteinte à sa dignité morale et de violation de son intégrité physique de la part des citoyens en contact direct avec les agents de l’Etat au sein des institutions éducatives, des hôpitaux, des bureaux de poste, etc.

Et le phénomène de la violence dont sont victimes les fonctionnaires de s’accentuer, l’insécurité dans les institutions étatiques de devenir la règle face au sentiment d’impunité ressenti par les auteurs des actes de violence et de barbarie qui ne reculent, désormais, devant aucun stratagème pour imposer leur loi.

Une réaction s’impose

Et comme l’impunité ne peut qu’encourager la propagation de la violence et des comportements inadmissibles, on apprend que l’hôpital Mahmoud-Matri à l’Ariana a été, hier, le théâtre d’un tragique incident suite à l’agression perpétrée par un patient sur un surveillant et un employé. L’agresseur est connu pour ses antécédents en matière de délinquance.

La directrice de l’hôpital a déclaré que l’agresseur a été admis au service des urgences alors qu’il était blessé tout en se trouvant sous l’effet de la drogue et de l’alcool. «Le criminel a poignardé le surveillant et a blessé un autre employé au couteau avant de prendre la fuite», a-t-elle ajouté.

Quant à Sonia Ben Cheikh, ministre de la Santé par intérim, elle s’est rendue au chevet des deux victimes pour s’enquérir de leur état de santé et a promis que son département «fournira, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, tous les moyens pour assurer la sécurité des personnes exerçant dans les établissements de santé».

Dans une déclaration à l’agence TAP, la ministre a souligné qu’il n’est plus possible d’ignorer la recrudescence des agressions à l’encontre des cadres médicaux et paramédicaux et qu’il est urgent de leur fournir les conditions de sécurité auxquelles ils ont droit dans l’exercice de leurs fonctions.

Il est à préciser que l’agresseur est connu des services de sécurité de l’Ariana et qu’une descente effectuée, hier, à son domicile, a permis de découvrir 5 kilogrammes de cannabis et la somme de 25 mille dinars.

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