Strictement encadrée par les forces de l’ordre, la manifestation a voulu se joindre à d’autres manifestants venus d’ailleurs, conformément à un plan de la marche préétabli. Mais selon la leader du parti, la police a été intransigeante et a interdit aux militants de manifester en dehors du périmètre de la place de la République.

De manière générale, dans l’ensemble des pays, les fêtes nationales sont les occasions rêvées pour afficher une unité nationale en dépit des divergences. Mais sous nos cieux malheureusement, les divisions irréconciliables dans le pays sont telles, que les fêtes nationales sont une nouvelle occasion de se fâcher. Une nouvelles fois donc, samedi 15 octobre, date anniversaire de l’évacuation du dernier soldat français de la Tunisie, une manifestation est organisée par le Parti destourien libre (le PDL), menée par l’infatigable Abir Moussi.

Le parti proteste contre la situation politique du pays, marquée selon lui, par une mainmise du Chef de l’Etat sur l’ensemble des pouvoirs. L’objet de la manifestation était également de dénoncer ce qu’il estime être l’échec du Président de la République sur les dossiers économiques et sociaux. Les centaines de manifestants présents ont scandé des slogans hostiles au Chef de l’Etat, tout en demandant son départ. Pour plusieurs manifestants que nous avons interrogés, les islamistes et le Président Saïed sont les deux faces d’une même pièce. Pour eux, il n’est pas question que les islamistes reviennent aux affaires, mais il n’est pas non plus question de permettre au Président de la République d’élargir son pouvoir et de mettre la main sur la vie politique. Abir Moussi a indiqué que la situation économique du pays se détériore de jour en jour et en donne pour preuve le dernier don américain aux familles nécessiteuses en Tunisie.

Strictement encadrée par les forces de l’ordre, la manifestation a voulu se joindre à d’autres manifestants venus d’ailleurs, conformément à un plan de la marche préétabli. Mais selon la leader du parti, Abir Moussi, la police a été intransigeante et a interdit aux militants de manifester en dehors du périmètre de la place de la République.

Dans une déclaration faite lors de la manifestation, Abir Moussi a déclaré : « Kaïs Saïed chutera et je l’affirme dès à présent, en mon nom et au nom de l’ensemble de mes soutiens, Kaïs Saïed n’est pas notre président ». Elle a estimé que si les forces de l’ordre l’empêchent aujourd’hui d’arriver près du ministère de l’Intérieur, elle y arrivera dans quelque temps par la loi. Elle explique à son public présent qu’elle œuvrera à créer un vrai parlement du peuple. Sans donner des détails sur son projet, la leader réitère ce qu’elle a tout le temps affirmer, à savoir que la constitution de Kaïs Saïed est illégale et que l’ensemble des décisions qui en découlent le sont tout aussi.

Par ailleurs, notons que le PDL a annoncé qu’il ne participera pas aux élections législatives prévues le 17 décembre prochain. Notons également que des échauffourées ont éclaté entre les partisans du PDL et les forces de l’ordre, sans toutefois que cela dégénère.

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