Plusieurs interrogations se sont imposées, hier, au débat général à propos de l’éventualité pour le Tribunal administratif de donner gain de cause aux candidats de la circonscription de La Chebba qui réclament l’annulation de la décision de prorogation du dépôt des candidatures prise par l’Isie, lundi 24 octobre, donnant trois jours de plus aux retardataires qui n’ont pas peaufiné leurs dossiers dans les délais

Hier, jeudi 27 octobre, l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) devait sonner, à 18h00 précises, la clôture officielle — cette fois définitive — du dépôt des candidatures aux législatives anticipées du 17 décembre prochain auprès des antennes régionales (Irie), conformément à sa décision annoncée lundi 24 octobre (délai initial de la clôture de l’opération) de prolonger de trois jours (mardi 25, mercredi 26 et jeudi 27 octobre) les délais de présentation de leurs dossiers par les aspirants et les aspirantes à la députation qui n’ont pas réussi à le faire avant que l’Isie ne prenne la décision de prorogation.

Hier, l’Isie devait livrer, au moins, comme l’attendent les observateurs, les analystes et les candidats eux-mêmes, le nombre de ceux et de celles parmi ces mêmes candidats qu’on peut considérer, avant l’opération des recours qui seront introduits par ceux qui verront leurs dossiers déclarés irrecevables, comme les candidats temporairement pouvant participer à la compétition électorale programmée le 17 décembre prochain.

Autrement dit, hier, on devait savoir si les prévisions données par Mohamed Tlili Mansri, porte-parole de l’Isie, tablant sur un nombre total de candidatures entre 1.500 et 1.600 à la clôture du dépôt ont été réalisées ou non, alors qu’il parlait, lundi dernier, avant la prorogation des délais, de quelque 890 dossiers soumis à l’Isie aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger.

Sauf qu’est apparu hier, jeudi 27 octobre, un fait nouveau qui pourrait avoir un impact dont personne n’est en mesure pour le moment d’évaluer l’ampleur ou les retombées sur l’ensemble de l’opération électorale. Il s’agit, en effet, de la possibilité pour le tribunal administratif de rendre une décision qui annule les candidatures soumises mardi, mercredi et jeudi derniers à l’Isie en application de sa décision de prolonger de trois jours les délais de dépôt des candidatures.

On apprend, en effet, qu’un groupe de candidats ayant déposé leurs dossiers dans la circonscription de La Chebba avant la prorogation se proposent ou ont déjà décidé d’introduire un recours auprès du Tribunal administratif, lui réclamant de déclarer la décision de prorogation des délais prise par l’Isie illégale et de considérer, par conséquent, les candidatures soumises, les jours de la prorogation, contraires aux dispositions contenues dans le décret présidentiel électoral du 15 septembre 2022, lesquelles dispositions n’autorisent, en aucun cas en aucune manière et sous aucun prétexte l’Isie à prendre une telle décision.

Et au-delà de la polémique enflant de jour en jour qui a accompagné la décision de l’Isie dans le sous de savoir pourquoi, dans quel but et sous quels conseils ou quelles pressions Farouk Bouasker et les membres du conseil directeur de l’Isie ont décidé de voler au secours de ceux ou de celles qui n’ont pas été dans les délais prescrits dans le calendrier électoral déjà publié au Jort, la grande question qui s’est invitée, avec insistance, au débat national déjà chargé de méfiance, de suspicion et de non-dits est bien la suivante: que faut-il faire au cas où le Tribunal administratif donnerait gain de cause aux requérants de la circonscription de La Chebba qui lui demandent d’annuler les dossiers de ceux qui ont profité de la décision de prorogation pour collecter les parrainages exigés et soumette des dossiers remplissant les conditions de recevabilité ?

Et cette question entraîne automatiquement une autre question : au cas où les retardataires de la circonscription de La Chebba seraient déboutés par le Tribunal administratif, leurs collègues dans les autres circonscriptions qui peuvent se compter par centaines seront-ils traités de la même façon et subiront-ils le même sort, c’est-à-dire verra-t-on tous ceux qui ont présenté leur candidature après la journée du lundi 24 octobre privés de leur récépissé de participation aux prochaines législatives ?

Pour le moment, on se contente de poser les questions et d’attendre les réponses de la part de Farouk Bouasker et de ses lieutenants qui courent, depuis quelques semaines, les plateaux TV et les studios radio pour assurer la mission «des explicateurs assermentés» du décret électoral présidentiel du 15 septembre dernier dont ils prétendent être les seuls à saisir les significations.

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