L’annonce de la levée de la subvention sur les carburants et l’adoption des prix réels à partir de 2026 suscitent une grande polémique, car elle ne s’inscrit pas dans une vision globale sur l’avenir du transport urbain dans notre pays. Cette annonce a provoqué, par conséquent, un goût amer auprès des usagers de la route qui s’inquiètent, d’ores et déjà, du poids de cette mesure sur le budget familial déjà fortement fragilisé par l’envolée des prix et l’érosion du pouvoir d’achat. Cette annonce, qui a été faite en off, n’a pas été restituée dans son contexte intégral, car la levée de la subvention sera assortie de transferts spécifiques aux familles à revenus limités. D’ailleurs, une plateforme sur les transferts sociaux aux ayants droit qui recevront des compensations spécifiques est en cours d’élaboration et fera l’objet d’une présentation aux médias pour en expliquer le mode de fonctionnement et les catégories ciblées, selon la ministre des Finances, Sihem Namsia Boughdiri, le ministre de l’Economie, Samir Saied, et le gouverneur de la Banque centrale, Marouen Abbassi.

Toutefois, l’entrée en vigueur des mesures de levée graduelle des subventions et l’application des prix réels, selon les réformes que la Tunisie a adoptées, ne suffiront pas à alléger la pression sur la Caisse de compensation si elle n’est pas assortie d’une vision globale avec des actions concrètes à court et à moyen termes.

Par exemple, la levée de la subvention sur les carburants n’aura pas de sens si on ne prévoit pas un accroissement des capacités du transport public, une amélioration concrète et durable des conditions de circulation, si on ne reprend pas les investissements qui ont tardé à être engagés pour la modernisation du matériel roulant et de passer à des paliers supérieurs en termes de sécurisation et de régularité. C’est seulement en offrant un transport collectif régulier, sécurisé et confortable que les Tunisiens se détourneront du recours excessif aux voitures.

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