L’embarras du choix quant à ce qui se trame dans le pays. Un tel déferlement n’a pas été vu voilà longtemps. Et une succession négative qui ne peut relever de la simple coïncidence.

Dans les vraies crises tout se rejoint. Et, au final, il n’y a pas à se perdre dans les hypothèses pour remonter aux responsabilités.

Celles-ci paraissaient ne souffrir aucun doute depuis le «renversement» du 25 juillet. Imputées à la seule «décennie noire» d’Ennahdha, à ses gouvernements et alliés.

Certes réel, prouvé, justifié. La période a eu les ratages et occasionné les conséquences que tout le monde supporte encore, aujourd’hui. Mais là, à présent, deux années, bientôt, après le «25 juillet», près d’une année après que Kaïs Saïed a pris, seul, les commandes, engagé sa feuille de route, écrit et fait approuver une nouvelle Constitution, une année pleine après l’entrée en exercice de son nouveau gouvernement, rien, pourquoi rien des précédents malheurs n’a été, à ce jour, corrigé, dépassé ?

Voire, pourquoi, presque en tout, il y a eu recul ?

Serait-ce que la «décennie noire» ne soit plus que prétexte ? Que l’ancien malheur ait cédé place au nouveau ?

Les exemples ? Hélas, il n’y a plus que l’embarras du choix.

En économie, d’abord, pas de changement. Les anciens gouvernants prônaient la dette pour payer salaires et rembourser les dettes; les nouveaux font pire, ils s’endettent en continu.

En éducation : jusqu’en 2021, 100.000 abandons scolaires par an. Débuts 22-23, enseignants non régularisés et non payés, en grève, et 400.000 écoliers à la maison.

Émigration clandestine : chiffres records ces deux dernières années. Sans contrôle régulier de la police des mers et sans recherche des bandes impliquées. Le scandale récent de Zarzis accable les autorités qui enterrent les corps de nationaux naufragés au «cimetière d’inconnus».

Les violences policières et les gravissimes procès qui traînent en justice. Statu quo depuis Ben Ali, après la révolution et les approches sécuritaires qui s’intensifient désormais «à l’ombre» des nouveaux syndicats.

La dure nouveauté, enfin, ce quasi méprisant silence de l’Etat. Ce gouvernement qui négocie nos dettes avec le FMI et nous cache l’ensemble des conditions. Et Kaïs Saïed qui ne s’occupe, désormais, que d’aligner les décrets et de ne s’accommoder que des prochaines élections.

Charger plus d'articles
Charger plus par Khaled Tebourbi
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire