Le consommateur tunisien a été martyrisé par une hausse des prix affolante des biens ou produits alimentaires. En octobre 2022, les prix de l’alimentation augmentent de 12,9% sur un an. Cette hausse provient principalement de l’augmentation des prix des œufs de 33,3%, des viandes ovines de 21,1%, des huiles alimentaires de 20,8%, des légumes frais de 18,5%, des viandes bovines de 15,1%, et des viandes des volailles de 15%.

En variation mensuelle, les prix des produits alimentaires augmentent de 0,8%, principalement en raison d’une hausse des prix des œufs (+11,3%), des dérivés laitiers et fromages,(+3,4%), des viandes ovines (+2,5%) et des viandes bovines, (+2,2%) , affirment les données recueillies par la dernière édition de l’Indice des prix à la consommation (IPC) qui est l’instrument de mesure de l’inflation.

Etabli par l’Institut National de la Statistique (INS), l’IPC du mois d’octobre 2022 souligne effectivement que les prix à la consommation progressent de 1% après 1,1% au mois de septembre. Cette augmentation est principalement liée à la hausse des prix des produits de l’habillement de 6,4%, des prix des produits alimentaires de 0,8% et des prix des produits du groupe «logement, eau, gaz et électricité» de 0,7%.

D’après ces statistiques, on constate que le principal moteur de la cherté de la vie en Tunisie est la hausse incessante des prix des produits et biens alimentaires. C’est la catégorie des produits de large consommation qui souffre des tendances les plus élevées de l’inflation (9,2% au mois d’octobre 2022 contre 9,1% le mois précédent).

Ces données démontrent que l’inflation en Tunisie s’inscrit dans une tendance mondiale marquée par l’impact fortement préjudiciable des augmentations excessives des prix des produits alimentaires.  L’inflation des prix alimentaires a dépassé l’inflation globale dans 83 % des 166 pays, a souligné la Banque mondiale dans une note où elle affirme que  «malgré la baisse des prix internationaux des denrées alimentaires aux niveaux d’avant-guerre russo-ukrainienne, les prix restent élevés et sont soumis à une pression continue à la hausse».

Les coûts élevés de l’énergie et des engrais, le mauvais temps dans les principaux pays producteurs et les risques engendrés par la guerre en Ukraine ont entraîné une forte inflation des prix alimentaires, explique la même note de la BM. La même source souligne, enfin, que la plupart des pays connaissent des augmentations d’une année à l’autre, comprises entre 10 et 30 %. La Tunisie n’est donc guère un cas unique dans le monde concernant les conséquences néfastes de l’inflation des produits alimentaires. Les prix flambent encore et le pouvoir d’achat des ménages se dégrade de plus en plus…Les temps sont durs pour les petites bourses.

A l’inflation s’est ajoutée la spéculation qui n’a pas épargné les produits alimentaires subventionnés par l’Etat. Des produits de large consommation connaissent une tension depuis des mois et le gouvernement n’a pu, jusqu’à aujourd’hui, résoudre ce problème ou lutter contre la spéculation. La question de la dégradation du pouvoir d’achat des Tunisiens est qualifiée de très sensible. Elle demeure le baromètre par excellence du climat de la paix sociale.

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