L’économie tunisienne est toujours dans une position délicate. La conjoncture nationale et internationale ne s’est pas améliorée depuis des années. La situation macroéconomique reste fragile. Les perspectives de reprise sont inespérées et les finances publiques sont structurellement déséquilibrées. L’exécution des réformes demeure donc une priorité pour éviter que l’économie reste en difficulté dans les années à venir.

Après plusieurs années de croissance faible et de déséquilibres macroéconomiques (déficits budgétaires et courants, inflation galopante, hausse de la dette publique…), l’horizon ne s’éclaircit toujours pas pour l’économie nationale. La situation des finances publiques est encore plus fragile, dont la consolidation demeure un chantier au long cours qui nécessite des efforts mesurés, mais constants. La crise des finances publiques soulève, pour l’instant, d’inquiétudes majeures. Ainsi, l’étroitesse des marges budgétaires devient problématique. La mise en œuvre du programme de réformes apparaît d’autant plus indispensable que le ralentissement tendanciel de la croissance.

La Tunisie, qui est en grande difficulté financière, après des années de forte contestation sociale et politique, à laquelle se sont ajoutées la crise du coronavirus et la guerre russo-ukrainienne, a fait appel au FMI pour sortir de la crise financière et renflouer les caisses de l’Etat.  En effet, l’accord de principe a été conclu entre le gouvernement tunisien et le FMI, le 15 octobre dernier, au niveau des services, sur les politiques et réformes économiques qui seraient appuyées par un nouvel accord de 48 mois au titre du mécanisme élargi de crédit (Medc), pour lequel une facilité de 1,9 milliard de dollars est sollicitée. L’accord final sur le programme sera soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI, qui devrait examiner la demande de la Tunisie en décembre 2022.

Le consensus

La Tunisie devra adopter une loi de finances complémentaire pour 2022 et une loi de finances pour l’année 2023. De même, un consensus devra être réuni entre les différentes parties sur le détail des réformes convenues avec le FMI, ce qui ne semble pas assuré, notamment en ce qui concerne la compensation et les entreprises publiques.

Le déblocage de la première tranche avec le FMI semble difficile à avoir lieu avant le début de 2023.

Mais les progrès réalisés dans les négociations avec le FMI peuvent contribuer à mobiliser des ressources au niveau bilatéral et multilatéral. Il importe, dans ce cadre, d’entamer rapidement les démarches pour l’engagement de ces ressources.

Pour le ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Saïed, la Tunisie n’a pas d’autre choix que de mettre en œuvre le plan de réformes économiques présenté au FMI, «sinon, c’est l’avenir de ses enfants qui sera hypothéqué».

Et d’ajouter : «Nous avons présenté un plan détaillé, car nous avons perdu notre crédibilité auprès du Fonds au fil de ces dernières années. Cette fois-ci, nous nous engageons à l’exécuter».

Le ministre devait préciser que le FMI n’a pas imposé de diktats à la Tunisie. Sa seule recommandation au gouvernement est relative au renforcement du filet de sécurité sociale.

Les axes du programme de réformes

Le programme de réformes présenté par la Tunisie a pour objectifs de «rétablir la stabilité macroéconomique, de renforcer les filets de protection sociale et l’équité fiscale, et d’accélérer les réformes favorisant un environnement propice à une croissance inclusive et la création d’emplois durables». A travers cet accord, la Tunisie a pris des engagements selon les 8 axes suivants :

– Le renforcement de l’équité fiscale à travers une intégration progressive du secteur informel dans le système fiscal et l’élargissement de l’assiette fiscale pour assurer une contribution équitable de toutes les professions.

– La maîtrise des dépenses et la libération d’un espace budgétaire pour l’aide sociale.

– Le renforcement du filet de sécurité sociale en augmentant les transferts monétaires et en élargissant les dispositifs existants de protection sociale afin de compenser les ménages vulnérables de l’impact des hausses de prix.

– Un programme complet de réformes des entreprises publiques, à commencer par la promulgation d’une nouvelle loi les encadrant.

– L’accélération des réformes structurelles visant à stimuler la concurrence et à créer un environnement transparent et équitable pour les investisseurs, à travers la rationalisation et la simplification des incitations à l’investissement.

– Le renforcement de la gouvernance et de la transparence dans le secteur public, notamment à travers un diagnostic exhaustif de la gouvernance afin d’établir une feuille de route pour les réformes.

– La promotion de l’adaptation et de la résilience aux changements climatiques, en encourageant l’investissement dans les énergies renouvelables, ainsi qu’à travers la gestion des terres et de l’eau.

– La préservation du pouvoir d’achat des Tunisiens face à une inflation galopante.

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