Plus d’une vingtaine d’années après le meurtre, l’avocat de la défense vient de jeter un pavé dans la mare en annonçant que le procès a été rouvert sur ordre du parquet après la présentation de «nouvelles pièces à conviction». Qui serait alors le vrai coupable ?

En  décembre 2001, le meurtre de la directrice de la chaîne radiophonique tunisienne «Radio jeunes» puis de la Radio nationale, Awatef Ben Himida, à son domicile, a suscité un grand émoi en raison de la notoriété dont jouissait la victime, ses qualités humaines et professionnelles.

Il a fallu peu de temps pour la brigade criminelle qui s’est saisie de l’affaire pour épingler l’assassin qui a été arrêté et condamné à la peine capitale dans un premier temps puis à 30 ans de prison.

Plusieurs années se sont écoulées depuis, mais il semble aujourd’hui que l’affaire pourrait connaître des rebondissements. Ceci nous rappelle un peu l’affaire Omar Raddad en France, qui fut condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre  d’une dame pour laquelle il travaillait en tant que jardinier et la phrase à la graphie incorrecte «Omar m’a tuer», découverte dans le cadre de cette affaire.

Retour sur le film de l’assassinat

Le 2 décembre 2001, durant le mois de Ramadan, Awatef Ben Hmida avait fait appel à un plombier  auquel elle recourait en cas de nécessité pour effectuer quelques banales réparations dans son appartement où elle vivait seule.

A cette époque, elle était débordée par le travail à la radio et passait la plupart de son temps au studio. Quant au jeune plombier, il était âgé d’à peine 30 ans et tenait un atelier à l’Ariana.

Il avait, selon les enquêteurs, d’autres macabres idées dans la tête et a tenté d’abuser de la victime. Devant la résistance de cette dernière, il est passé à la méthode violente et donc aux coups violents et à l’agression physique, allant jusqu’à la traîner à la salle de bain ou elle a été retrouvée le corps sans vie et ensanglanté. La Brigade criminelle a très vite arrêté le meurtrier après avoir dressé son  portrait-robot grâce aux indices relevés sur les lieux du crime et à des témoignages. Une tenue de travail tachée du sang de la victime a été même saisie chez le tueur à cette époque, ainsi que la carte d’identité et la carte professionnelle de la victime.

Deux ans après son arrestation, la peine capitale a été prononcée à son encontre par la 3e chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis et après que les expertises médicales ont établi que le meurtrier ne souffrait d’aucun trouble mental. Cette peine a été réduite à 30 ans de prison.

Réouverture du procès

Plus d’une vingtaine d’années après ce meurtre, l’avocat de la défense vient de jeter un pavé dans la mare en annonçant que le procès a été rouvert sur ordre du parquet après la présentation de «nouvelles pièces à conviction», selon ses dires. Qui serait alors le vrai coupable ? L’avocat accuse «un président d’un parti politique, qui n’a jamais été inquiété, d’être à l’origine de l’assassinat» d’après un post publié par l’avocate Wafa Chedly.

Le parquet près du Tribunal de première instance de Tunis a chargé l’une des brigades d’investigation dans les crimes à l’Aouina d’enquêter de nouveau sur cette affaire.

Awatef Ben Hmida avait 42 ans au moment de son assassinat. Née le 5 mai 1959, elle a commencé sa carrière professionnelle comme enseignante, puis elle a regagné Radio Monastir en 1988. Elle a brillé par son professionnalisme  lors de son passage à la chaîne 21 et a été la première femme à occuper le poste de directeur à la Radio nationale tunisienne. Elle avait occupé le poste de directeur successivement à Radio Jeunes puis à la Radio nationale.

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Un commentaire

  1. Charai Moncef

    12/11/2022 à 06:16

    Qui est ce « ….président d’un parti politique..; » ? Eclairez l’opinion publique, s’il vous plait ! Ne retombez pas dans les sales pratiques révolues du temps des dictatures passées ! Et si c’était cette même bête à tuer qui a terrorisé tout un pauvre peuple et continue à le faire impunément ? Sauvons notre pays et notre civilisation des mains de ces traîtres et tueurs !

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