La tension entre les deux instances était déjà palpable depuis l’organisation du référendum, et surtout suite au retard accusé dans la publication du décret relatif à la campagne électorale. Si la Haica pointe un manque de coordination avec l’Isie, cette dernière dit œuvrer au profit du bon déroulement des prochaines élections. La situation est telle que dans les coulisses, on évoque une rupture quasi-totale en dépit des démentis des membres de l’instance électorale.

Les deux instances constitutionnelles travaillaient pourtant en toute symbiose lors des précédents rendez-vous électoraux. Aujourd’hui, il semble que la tension s’est installée au sein des relations entre l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) et la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica).

Cela ne sera pas certainement sans conséquence sur le paysage audiovisuel lors des élections, mais aussi sur le contrôle des campagnes électorales dans les médias audiovisuels et sur les réseaux sociaux.

La tension entre les deux instances était déjà palpable depuis l’organisation du référendum, et surtout suite au retard accusé dans la publication du décret relatif à la campagne électorale. Si la Haica accuse un manque de coordination avec l’Isie, cette dernière dit œuvrer au profit du bon déroulement des prochaines élections. La situation est telle que dans les coulisses, on évoque une rupture quasi-totale en dépit des démentis des membres de l’instance électorale.

Mais dernièrement, c’est le membre de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle Hichem Snoussi qui brise le silence pour faire part, en effet, d’une rupture avec l’instance de Farouk Bouaskar. 

Dans des déclarations médiatiques, il confirme l’existence de peu de contact entre la Haica et l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), affirmant, cependant, que la rupture était totale avec le gouvernement Bouden.

Hichem Snoussi pense que cette situation vient sanctionner les positions de l’instance chargée de réguler l’audiovisuel, principalement par rapport au référendum, lorsqu’elle avait exigé la participation de ceux qui ont boycotté le référendum à la campagne référendaire, mais aussi le différend à propos du rôle des médias publics.

«Nous estimons que les médias publics sont sous le contrôle du pouvoir. C’est le cas de la télévision nationale dirigée par une responsable désignée par le pouvoir exécutif.  Comme le gouvernement et la présidence de la République sont concernés par les élections, le maintien de cette dirigeante à la tête de cet établissement remettra en cause l’intégrité de ces élections. J’appelle le gouvernement à réviser ses positions», souligne Hichem Snoussi.

Il accuse également «l’Instance électorale d’agir de façon unilatérale», rappelant qu’elle a décidé d’entamer les sessions d’expression directe «sans attendre la décision conjointe élaborée de manière participative par l’Isie et la Haica».

L’Isie réagit

Optant longtemps pour le silence, l’Instance électorale a réagi aux accusations de la Haica. Le vice-président de l’instance supérieure indépendante des élections Maher Jedidi a affirmé dans ce sens que les déclarations de Snoussi sont inacceptables et que l’Isie s’est entretenue avec le président de la Haica, Nouri Lajmi, à propos de la décision en commun et à trouver un terrain d’entente.

«Nous nous sommes mis d’accord sur les grandes lignes de cette décision commune et le président de la Haica s’est engagé à préparer le projet d’un communiqué en commun», a-t-il affirmé, en soulignant que Hichem Snoussi n’a pas assisté à cette réunion lors de laquelle ils se sont mis d’accord sur le changement du système de vote et les modalités qui en découlent. Et de soupçonner même qu’au sein de l’instance de régulation de l’audiovisuel, aucune entente n’existe.

Evoquant le démarrage de l’enregistrement des expressions directes des candidats aux élections législatives, il a expliqué qu’il s’agit de préparatifs vu le nombre important de candidats.

Il faut rappeler que la décision commune entre les deux instances relative à la couverture médiatique de la campagne électorale tarde toujours.

Le passage vers le mode de scrutin uninominal entraînera certainement des changements au niveau de la méthode de la couverture médiatique de cette échéance électorale, mais des divergences au niveau des points de vue pourraient expliquer cette situation. Il y a quelques jours, l’Instance des élections avait affirmé qu’elle allait remettre à la Haica la décision relative au nombre de candidats aux prochaines législatives pour entamer l’élaboration de la décision commune entre les deux instances.

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