Comme ils s’étaient permis les excès les plus inabordables et les plus inaccessibles, comme ils avaient franchi toutes les lignes rouges sans le moindre scrupule, les députés, dont l’activité est aujourd’hui gelée, réalisent certainement le gâchis dans lequel ils avaient traîné le Parlement. Certains ne désespèrent pas pour autant. Ils continuent à croire à l’immunité sans laquelle ils savent parfaitement qu’ils risquent gros. C’est bien le cas de Ghannouchi et de son ancienne vice-présidente, mais aussi de ses « lieutenants » députés  qu’il utilisait pour affaiblir et fragiliser ses adversaires. 

Dans cette situation déconcertante, l’hypothétique ARP s’était complètement déviée du rôle et de la mission auxquels elle était particulièrement vouée. Il faut dire que pendant plus de dix ans, la Tunisie n’avait pas disposé d’un système parlementaire clairement établi. Les élus du peuple vraiment capables d’enrichir et d’innover les débats avec des idées et des propositions constructives se comptaient sur les doigts d’une main. A défaut d’accomplissement, la vie parlementaire n’avait cessé pendant cette période de subir les aléas, régulièrement revendiqués par les tenants d’un Parlement hors sujet, hors normes.

Quand l’apport des élus se réduit  à une tendance opposée à ce que le peuple espérait, le Parlement ne peut par conséquent proposer  une plus-value digne de ce nom. Et c’est là toute la base du renoncement.

Dans une confusion générale ouverte à tous les genres de dépassements, il était difficile en ce temps-là de connaître ce qui tenait de la vie parlementaire et ce qui ne l’était pas réellement sous l’hémicycle du Bardo.

Aujourd’hui, et entre les réformes susceptibles de voir le jour grâce aux élections législatives anticipées et la campane de dénigrement, de calomnie et de diffamation orchestrée par tous ceux qui ne veulent pas toujours se résigner à la volonté du peuple, le souhait serait de moraliser la raison d’être et la vocation de l’Assemblée des représentants du peuple. Qu’elle soit enfin reconnue comme le rassemblement de députés, mais aussi de partis qui la méritent réellement.

Face aux tendances qui allaient clairement dans le sens inverse, dans un temps qu’on espère désormais révolu, le besoin se fait ainsi sentir : réinventer en profondeur les règles et les bases du pouvoir législatif. 

L’impératif est en effet de protéger l’hémicycle, même de ses principaux acteurs. Car lorsque le pouvoir législatif avance, c’est toute la Tunisie qui se mettra en ordre de marche. Demain en mieux ? Cela demande confirmation…

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