Après le succès probant contre l’Iran en amical, les Aigles de Carthage semblent biens lotis pour une bonne entrée dans la Coupe du monde.

Simple éclaircie dans la grisaille ou sursaut réel avant le jour J et le premier match-clé contre le Danemark ? Le match amical contre l’Iran avec une victoire convaincante, résultat et manière, a montré que Jalel Kadri a repris les manettes de chef de staff et a commencé les ultimes réglages pour trouver la bonne composition de l’équipe de Tunisie et le système de jeu adéquat. Il semble sur la bonne voie pour bien négocier le premier tour du Mondial qatari et aspirer à réaliser l’exploit derrière lequel on court toujours depuis 1978, la qualification au second tour. Le groupe de la Tunisie, avec la France champion du monde et favori en puissance pour convoiter de nouveau le sacre, le Danemark, une équipe de choc loin d’être facile à manier, et l’Australie qui joue bien les trouble-fêtes, ce groupe est vraiment épineux et où il ne sera pas aisé de s’octroyer l’un des deux billets pour la deuxième phase. Jalel Kadri, qui sait que cette édition au Qatar est pour lui une ultime chance sur laquelle il doit parier pour rester à la tête des Aigles de Carthage, prend donc toutes les précautions nécessaires pour ne pas être à côté de l’événement.

Equilibre et stabilité

La formation alignée face à l’Iran a donné une idée sur la manière avec laquelle Jalel Kadri va faire l’approche du moins au premier match contre le Danemark. S’il rate ce premier examen, la tâche sera de plus en plus compliquée pour lui et ses hommes et les carottes seront quasiment cuites très tôt. Pas question donc de faire le faux pas interdit et fatal. La priorité sera donc accordée à la stabilité derrière avec le retour à une charnière centrale à trois. Des cinq centraux qui sont en constant ballottage, il a opté pour une première formule Ghandri-Meriah-Talbi. Dylan Bronn et Bilel Ifa ont, pour le moment, le statut de réservistes. L’expérience n’a pas été décevante et on peut même dire qu’elle a été concluante. Elle a donné de l’assurance au gardien Aymen Dahmen qui a préservé sa cage inviolée dans ce match contre l’Iran. Le sélectionneur de l’équipe de Tunisie a fait taire ses détracteurs qui lui ont reproché d’avoir fait appel à un gardien de trop au détriment d’un joueur de champ. Mais le choix d’une défense centrale à trois implique forcément un positionnement haut des deux joueurs latéraux pour conserver le parfait équilibre entre stabilité derrière et animation défensive et nécessité de présence massive au milieu et en attaque lors de la transition défense-attaque. Car le choix d’une équipe trop recroquevillée sur elle-même, sans atouts et arguments offensifs suffisants et pesants sur la défense adverse, serait une option dangereuse qui pourrait nous poser des problèmes dans la gestion tactique au cas où le ballon ne serait pas proprement sorti de notre zone. Sur le côté droit de la défense, Mohamed Drager et Wajdi Kechrida ont été essayés et les deux joueurs ont montré et confirmé qu’ils ont deux profils différents. Le premier est fort défensivement, mais ses montées offensives ne sont pas déterminantes, alors que le second assure bien le surnombre devant mais laisse trop d’espaces derrière et a besoin d’une couverture constante de l’un des trois arrières centraux. Les deux demis défensifs essuie-glaces, Issa Laidouni et Elyes Skhiri, seront les éléments-clés de l’assurance de cet équilibre entre boulot défensif et offensif. Il seront la clé de voûte de ce système en 3-5-2 (ou 5-3-2 selon la situation du jeu) qui demande beaucoup d’énergie sur le plan physique et un positionnement sans failles dans les deux phases de transition défense-attaque et attaque-défense. Surtout que le secteur offensif sera réduit à deux milieux offensifs et à une seule pointe. Le tandem Youssef Msakni-Hannibal Mejbri, aligné comme paire de création de jeu derrière l’attaquant Wahbi Khazri pour la première fois, n’ont pas déçu, mais il est trop tôt pour conclure que c’est la bonne formule. Il y a Naïm Sliti et même Anis Ben Slimane qui ont largement leur place et leur mot à dire dans ce secteur tout comme le trio Issam Jebali, Seifeddine Jaziri et Taha-Yassine Khénissi, des éléments essentiels pour le travail de finition. Ce match amical contre l’Iran a donné des premières lueurs d’espoir que pas mal de choses peuvent être rectifiées et corrigées dans la composition du onze qui commence et qu’il y a des solutions de rechange assez valides. Contre le Danemark, ce sera une rencontre d’une tout autre dimension et d’un tout autre calibre. Presque un quitte ou double d’entrée pour une place pour le second tour. Alors pas trop d’optimisme et pas d’excès de confiance malgré les quelques bons signes apparus. Les choses sérieuses n’ont pas encore commencé. On peut recommencer à rêver à nouveau de cet exploit que nous attendons tous, mais rien n’est garanti d’avance et la mission des Aigles de Carthage ne sera pas de tout repos. Loin s’en faut.

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Un commentaire

  1. M'zabi

    18/11/2022 à 15:49

    Vous avez écrit : « Le match amical contre l’Iran avec une victoire convaincante, résultat et manière, » mais le score est de combien ? ou faut aller le chercher ailleurs ? c’est ce que j’ai fait c’est 2-0 pour la Tunisie

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