Ce forum a pour finalité d’offrir une plateforme d’échange et de promotion des partenariats entre les différents acteurs de la société civile. Il permettra aussi de favoriser les échanges sur la thématique de l’action citoyenne et associative pour atteindre les ODD, tout en échangeant sur les bonnes pratiques et en partageant les leçons apprises en matière d’appui à la réalisation et à la localisation des ODD.

En marge du Sommet de la Francophonie à Djerba, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a organisé, les 17 et 18 novembre au Centre des ressources associatives méditerranéen à Houmet Esouk, le «Forum de la société civile pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD)».

L’événement a été marqué par la présence de Houcine Jerad, maire de Houmet Souk, du directeur général des relations avec la société civile à la présidence du gouvernement, Mourad Mahjoubi, Celine Moyroud, représentante résidente du PNUD Tunisie, Chahrazed Ben Hmida, experte en cohésion sociale au PNUD outre les acteurs et les représentants de la société civile, y compris les associations, les organisations professionnelles…

Donner de la visibilité à la société civile…locale

Dans une déclaration accordée à La Presse, Mme Chahrazed Ben Hmida a indiqué que le Pnud est intervenu en Tunisie pour appuyer les efforts déployés depuis la révolution de 2011 dans le cadre de la transition démocratique — que connaît le pays encore aujourd’hui —, ce qui a servi à appuyer le chantier des réformes annoncées, considéré comme une priorité pour la Tunisie.

«La société civile a toujours fait partie intégrante de l’écosystème du Pnud. Dans ce cadre, différentes interventions ont été faites afin d’appuyer et renforcer son positionnement comme un acteur à part entière dans la consolidation des acquis démocratiques et dans la promotion de la participation citoyenne… Cet appui s’est fait de différentes manières. Je cite à titre d’exemple l’appui technique pour renforcer la spécialisation et l’expertise de la société civile pour qu’elle puisse s’imposer comme un vis-à-vis, un partenaire crédible et légitime. Pour ce faire, cette même SC doit absolument renforcer ses compétences en fonction des domaines d’intervention, de la redevabilité sociale… et surtout en matière de gouvernance», a-t-elle souligné.

Mme Ben Hmida a, également, précisé que cet événement a voulu donner de la visibilité à la société civile — notamment locale — pour valoriser et partager les leçons apprises. «Il y a eu maintenant dix ans d’intervention de la société civile. Beaucoup de choses ont été accomplies et beaucoup de leçons apprises ont pu être cumulées… Aujourd’hui, il est plus que jamais temps de les partager et les échanger pour savoir ce qu’on doit retenir, ce qu’on doit prolonger, ce qu’on doit réajuster…», a-t-elle énoncé.

Valoriser le partenariat

Parmi les autres points les plus importants de cette approche, Mme Ben Hmida a cité l’importance de valoriser le partenariat, tout en rappelant que cet événement a été organisé en étroite collaboration avec les structures de l’Etat, à leur tête la direction générale de la relation avec la société civile, ce qui confirme, encore une fois, la volonté de toutes les parties concernées de faire réussir ce chantier énorme et ce défi de taille.

«L’objectif ultime de ce forum c’est donc de valoriser et donner l’exemple, de promouvoir le partenariat et les synergies entre les différentes associations mais aussi entre les associations et les acteurs publics et surtout de renforcer la passerelle de partenariat tout en renforçant les liens, la confiance, établir le dialogue entre ces différents acteurs…», a-t-elle souligné.

Un avis partagé par M. Mourad Mahjoubi qui a ajouté que le gouvernement tunisien s’est engagé depuis quelques années à appuyer les associations tunisiennes émergentes afin de renforcer leur autonomie et leur spécialisation pour qu’elles puissent jouer un rôle significatif dans l’ancrage d’un système politique favorisant la participation citoyenne et l’atténuation des inégalités et de l’exclusion. A cet égard, des programmes de renforcement des capacités spécifiques sur les thématiques en lien avec la transition démocratique engagés et transversaux en matière de gouvernance associative ont pu être développés et mis en œuvre…

M. Mahjoub a affirmé également que la direction générale de la relation avec la société civile, qui est depuis 2019 partenaire avec le Pnud dans le cadre du projet « Appui à la contribution de la société civile dans la réalisation des objectifs de développement durable à l’horizon de 2030», vise à soutenir les associations et les institutions qui les accompagnent pour contribuer à la réalisation des ODD et plus particulièrement l’ODD 16 à travers un appui au niveau national et institutionnel. Les deux partenaires sont attachés au niveau local en ciblant la société civile dans les gouvernorats de Médenine, Tataouine et Gabès. L’ensemble de cette intervention est faite sur une trame de fond pour la suite de l’agenda 2030 et pour développer des solutions associatives localisées, permettant d’ancrer les ODD dans la relation associative, ce qui lui permettra de se refléter réellement et positivement dans la vie des gens et notamment des jeunes.

«Cette approche inclusive et participative met en place des outils permanents et transparents de dialogue, de partenariat, de coopération et de complémentarité entre la société civile et les instances publiques. Ce projet vise donc à mettre en place une vision et une planification stratégique pour les services de la relation avec les instances institutionnelles et la société civile, appuyer les capacités en relation avec les différentes composantes de la société civile, préparer un plan d’action sur la vision stratégique au niveau local tel que les gouvernorats de Médenine, Tataouine et Gabès, mettre en place un centre des ressources humaines… En un mot, il s’agit d’une occasion pour offrir à la société civile locale une occasion de valoriser son rôle en matière de développement et de promotion de la citoyenneté tout en saisissant l’occasion de visibilité que cet événement offre pour les petites associations de l’intérieur souvent enclavées et éloignées», a-t-il encore précisé.

25.000 associations

M. Mahjoub a, sur un autre plan, indiqué qu’après la révolution de 2011, la question de la liberté publique s’est imposée et le droit à l’association est devenu une priorité, surtout pour les activistes de la société civile. C’est pourquoi la société civile locale s’est positionnée comme un acteur incontournable de la démocratisation du pays et la construction d’un Etat de droit.

A cet effet, la publication du décret-loi n° 2011-88 du 24 septembre 2011 (portant organisation des associations) et ses acquis de taille ont mené à une révolution de la liberté de constituer des associations. Ce nouveau climat a favorisé la multiplication du nombre des associations qui est passé de 9.000 à la fin de l’année 2010 à presque 25.000 mille aujourd’hui. Cette importante croissance des organisations de la société civile a créé des besoins urgents au niveau des capacités et des compétences des acteurs de la société civile et des institutions de l’Etat.

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