Avant la Révolution, la Tunisie n’a pas adopté un processus pour une dynamique socio-humaine et socioéconomique au sein de l’entreprise. Son modèle — dans sa dimension relative au rapport Etat- société — se caractérise par plusieurs limites, à l’instar de l’absence de compromis et de collaborations stables et durables entre Etat et syndicat, la limitation dans l’investissement du capital humain et de son articulation au développement d’un système productif intégré, dense et compétitif, l’absence de réformes économiques en faveur de la classe moyenne… Et donc, le dialogue social en Tunisie n’a pas été structuré sur les bases d’une volonté politique intègre. Et des années durant, l’intégration des notions et pratiques du dialogue social dans les institutions économiques et sociales dans notre pays était occultée par la domination des décisions unidimensionnelles des dirigeants. En raison de cette situation, un désengagement des employés se manifeste au niveau des entreprises et des institutions publiques.

Après la Révolution et suite aux revendications massives des droits, libertés et égalité, le dialogue entre les différentes composantes des institutions et structures économique, sociale et politique a connu des difficultés pour aboutir à un projet commun et des compromis.

En ce qui concerne le dialogue social au sein de l’entreprise : cette situation s’est traduite au niveau des entreprises par des conflits entre le syndicat et les dirigeants. Car chacun d’entre eux considère que ses intérêts sont opposés aux intérêts de la partie adverse. Un manque de confiance mutuelle émerge et se concrétise par la divergence des objectifs et des perspectives en rapport avec le travail. Quant aux dirigeants, ils considèrent les négociations avec les représentants des employés un danger pour l’entreprise. Ils voient dans les concessions financières à la demande du syndicat un obstacle qui entrave la capacité concurrentielle de l’entreprise. Pour cette raison, ces entreprises essaient d’affaiblir la structure représentative des employés pour négocier avec des syndicats faibles et faciles à manipuler. Quant aux employés, ils délèguent des représentants pour un seul aspect revendicatif, qui se limite souvent à l’augmentation des salaires pour améliorer le pouvoir d’achat. Cela est dû, bien évidemment, à la situation socioéconomique qui affaiblit la classe moyenne et favorise la désaffectation de la citoyenneté. Et donc, le travail dans ces conditions se représente seulement comme un moyen de subvention financière. Il est réalisé dans l’aliénation et le désengagement absolu.

Charger plus d'articles
Charger plus par Meriem KHDIMALLAH
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire