crédit photo : © Mokhtar HMIMA
Les joueurs de Jalel Kadri, cette fois dans la peau de favoris, ne doivent pas perdre leur attitude devant l’Australie. Ils jouent une ouverture pour le second tour.

Quand on sort d’un match aussi exigeant que celui face au Danemark, on est forcément fatigué et on a besoin de décompresser, et non d’élever le taux d’adrénaline.

Nos joueurs ont réussi leur premier match avec un point mérité devant une équipe qui nous est supérieure. Les jours qui séparent ce premier match du deuxième de ce matin sont «sensibles» pour un sélectionneur : entre le besoin de se décontracter et l’obligation de garder une dose d’éveil, son travail est capital. Jalel Kadri est aujourd’hui devant le test le plus difficile de sa jeune et inattendue carrière : celui qui a gagné ses lettres de noblesse face au Danemark est tenu de trouver la bonne astuce face à un adversaire moins fort que le Danemark, et battu largement par la France. L’Australie, c’est une autre histoire, c’est un autre statut que le Danemark. Plus facile ? Sûrement pas, ce Mondial 2022 nous éclaire sur les soucis des favoris contre les outsiders. L’équipe de Tunisie doit, en tout cas, garder sa sobriété et son unité et adopter la même et belle attitude du premier match.

Et, à ce sujet, on reste soucieux et même anxieux, car on sait tous que nos joueurs nous ont souvent déçus et vexés quand on les a attendus. Quand on les place favoris, et qu’ils se trouvent en obligation de confirmer, ils versent dans l’euphorie ou au contraire dans la peur, pour rater leur match.

C’est alors au patron de la sélection, son capitaine à bord, Jalel Kadri, d’imaginer et de formuler une recette gagnante contre une Australie blessée et à genoux. S’il gère avec succès le changement d’attitude collective d’outsider tenant la dragée haute à un favori, à une équipe appelée à gagner et à marquer, le sélectionneur national réussira sûrement son défi.

Du 5-4-1 au 3-5-2 !

Parlons tactique. Contrairement à ce qui a été annoncé, notre équipe nationale n’a pas évolué en 3-5-2 au premier match, c’était un 5-4-1 où Drager et Abdi ont été plus latéraux qu’excentrés. Face à un ténor, il fallait fermer les espaces, mais aujourd’hui, ce schéma va, par la force des choses, se muer vers un 3-5-2 avec une défense à 3 et non un axe central (ce n’est pas la même chose) et deux excentrés, évoluant au milieu mais qui reviennent en phase de récupération. Abdi et Drager seront l’élément clé de réussite de notre disposition tactique. On attend également du changement devant avec une large palette de choix: Sliti est le plus attendu, lui qui donne plus de mobilité à l’attaque sur son couloir ou même en piquant vers l’axe. Alors, ce sera encore Jebali ou Khenissi, un avant-centre plus classique ? Ou peut-être les deux ensemble ? Ce qui est certain, c’est que Msakni et le duo Skhiri-Laidouni sont sûrs de partir d’entrée.

Ben Slimène et Jebali ne sont pas, eux, certains de l’être. Ça va dépendre de ce que Kadri prépare comme plan de jeu. Ce qui importe, c’est que l’on marque des buts et que l’on décroche les trois points. Pour cela, il faut des guerriers, mais également des joueurs inspirés, en mode «zen» qui ne cèdent pas à la hantise de l’emporter à tout prix. Courage à eux !

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