crédit photo : © Mokhtar HMIMA
Les hommes de Jalel Kadri, excessivement maladroits, ont raté leur entame du match et, par la suite, toute la première mi-temps. Ils ont cherché à rattraper le coup en seconde période de jeu. C’était sans compter avec le réalisme de la sélection australienne.

Stade Al Janoub. L’Australie bat la Tunisie : 1-0. (Score acquis à la mi-temps). But de Mitchell Duke (23’). Arbitrage de l’Allemand Daniel Siebert.
Tunisie : Dahmen, Talbi, Meriah, Bronn (Kechrida 73’), Dräger (Sassi 46’), Abdi, Skhiri, Laïdouni (Khazri 67’), Sliti, Msakni et Jebali (Khénissi 73’).
Australie : Ryan, Karacic (Degenek 75’), Souttar, Rowles, Behich, McGree (Hrustic 64’), Mooy, Ivrine, Leckie (Baccus 85’), Duke (Maclaren 64’) et Goodwin (Mabil 85’).

Après la grande prestation livrée contre le Danemark lors de la première sortie du Mondial qatari, nous avons rêvé tous les yeux grands ouverts ; et nous avons cru naïvement que, peut-être, le temps de passer le cap du premier tour est finalement arrivé. Sauf que la défaite concédée hier devant l’Australie nous a fait revenir brutalement à la réalité de notre football. Car s’il y a un art que le footballeur tunisien maîtrise malheureusement à la perfection, c’est celui de se mettre tout seul en difficulté. C’est l’enseignement majeur qui ressort de la rencontre d’hier. Pourtant, la logique voulait que la pression pesât plutôt sur les épaules de Mitchell Duke et ses camarades. Eux qui avaient concédé une lourde défaite lors de leur premier match du Mondial face aux Français (1-4), alors que les nôtres devaient se présenter confiants après avoir tenu tête aux Danois lors de leur match d’ouverture. Cependant, c’est une version typiquement tunisienne que nous ont livrée les coéquipiers de Youssef Msakni. Ils ont entamé la rencontre de l’Australie avec une prudence à la fois excessive qu’incompréhensible. Pourquoi rester regroupés dans sa moitié du terrain et laisser libre manœuvre à un adversaire qui s’est mis en confiance et a gagné tous les duels aériens et la deuxième balle aussi?

Les Tunisiens, qui ont mis un peu plus d’un quart d’heure à subir de plein fouet le jeu des Australiens, ont attendu la 19’ pour sortir enfin de leur réserve et se créer leur première occasion du match quand, servi en profondeur, Jebali centra de la droite pour Msakni qui s’infiltra en pleine surface de réparation adverse mais finit par perdre son duel. Deux minutes plus tard, Dräger hérita d’une frappe lointaine mais au moment de tirer, il n’était pas en équilibre sur ses pieds et sa balle passa au-dessus de la cage de Ryan (21’).

Mais ce réveil tunisien a été tardif, car la machine australienne était déjà bien lancée et le pire a fini par arriver. Le jeu est relancé sur la gauche vers Godwin. Ce dernier centra pour Duke qui reprit de la tête directement dans les filets de Dahmen (23’). Le pressing des Australiens a fini par payer.

Rien ne sert de courir… 

Dès cet instant, le match allait prendre une autre tournure. Il ne s’agit plus pour les coéquipiers de Dahmen de tâter le terrain et de tenter de calmer les ardeurs des attaquants adverses. Il fallait monter vers l’attaque dans la perspective de rattraper son retard. Mais la précipitation côté tunisien et la solidité défensive côté australien ont fini par nous jouer un mauvais tour.

Déstabilisés par le but australien, nos attaquants sont tombés donc dans le piège de la précipitation à l’instar du capitaine Youssef Msakni, auteur d’un ratage monstre dans le temps additionnel de la première mi-temps quand, suite à une action collective et servi en profondeur par Jebali, son tir frôla le premier poteau (45’+ 3). Avant lui, Drager (41’), servi par le même Msakni, ratait un but facile à 6 mètres des filets. Son tir est repoussé in extremis en corner. Deux buts tout faits ratés.

Car après la pause, le vieux proverbe allait s’appliquer aux nôtres : « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Nos joueurs se sont donnés à fond. Jalel Kadri a joué toutes les cartes qu’il avait sous la main. Mais l’approche offensive n’a pas porté ses fruits car son confrère australien, Graham Arnold, s’est avéré plus réaliste et plus astucieux que lui. Arnold a opéré les changements nécessaires pour fermer davantage toutes les issues menant aux filets de Ryan. Et il a bien reçu le coup. Car si, en face, Kadri a opéré également des changements, mais à but offensif, la réussite n’a été ni du côté de Khénissi, ni de Khazri. Pourtant, Khechrida a bien alimenté ses attaquants de bonnes passes à partir du couloir droit. La précipitation dans les 30 derniers mètres a constitué le point commun de toutes les tentatives tunisiennes. En témoigne le centre de Kechrida de la droite pour Khazri qui reprit du pied gauche, mais le portier australien se coucha et capta la balle (88’).

Bref, la réussite n’a pas été au rendez-vous, hier, du côté des nôtres pour la simple et bonne raison est qu’ils ont pris la grosse tête après leur jolie prestation contre le Danemark. Le mental fébrile du joueur tunisien nous prive, encore une fois, de rêver grand. 

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