L’histoire a une fâcheuse tendance à bégayer. Le conflit syndicat-gouvernement ne date pas d’aujourd’hui. On est habitués à voir l’Ugtt rugir et montrer ses dents pour ensuite briser la glace et tenter de rétablir le

dialogue et la confiance avec le gouvernement.

Cette tactique qui lui a toujours permis de satisfaire quelques revendications risque aujourd’hui de ne plus  fonctionner. Car tout simplement, l’Etat n’a plus rien à se mettre sous la dent. Les caisses sont vides et il tire le diable par la queue.

Mais l’Ugtt, qui par sagesse avait fait le dos rond jusqu’a la conclusion d’un accord avec le FMI, ne compte pas désarmer face  à l’érosion du pouvoir d’achat des Tunisiens et aux conséquences ravageuses de la levée progressive de la compensation sur les revenus des salariés et des retraités. Or, on peine à imaginer comment l’équipe de Mme Bouden, qui a franchi le Rubicon, pourrait faire machine arrière sans donner au FMI l’impression de se déjuger de ses engagements.

C’est pourquoi les échanges ne seront guère faciles avec une opposition syndicale à l’attelage aussi hétéroclite.

La posture ultraradicale de Taboubi, le plus belliciste de tous, ne semble pas de nature à favoriser l’émergence d’un dialogue fécond, et surtout consensuel.

On voit mal, dans ces conditions, comment une issue favorable pourrait être trouvée au bras de fer engagé.

Nul besoin de verser dans l’art de la divination pour imaginer que la seule arme  qui reste à Taboubi pour augmenter les salaires sans majoration notable est l’abattement fiscal au profit des employés, des ouvriers et des retraités.

Une proposition qui ne trouvera pas écho auprès d’un gouvernement qui compte mettre plus de pression fiscale pour colmater les brèches d’une loi de finances 2023 qui sont de l’ordre de dix milliards de dinars.

L’impasse semble donc être totale et le gouvernement n’entend pas céder à des injonctions qu’il juge infondées et dilatoires, à plus forte raison quand elles émanent dans une conjoncture économique difficile reconnue par tous.

De ce fait, la nouvelle crise risque de donner une nouvelle orientation de discours aux candidats des prochaines législatives qui seront contraints d’adapter leurs messages au contexte de la crise sociale en s’adossant à l’argumentaire de l’Ugtt, pour collecter le maximum de voix, mais les citoyens seront de nouveau étreints par la peur en voyant toujours les mêmes se  déchirer sans pour autant changer quoi que ce soit.

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