crédit photo : © Mokhtar HMIMA
Ce qui s’est passé devant l’Australie relève des réflexes du football tunisien : il suffit de briller pour chuter par la suite. On n’aura pas changé !

Cette défaite contre l’Australie fait mal à tous les niveaux : sportif, psychologique et même social. Il suffit de mesurer la déception du public de la sélection pour s’en assurer. Après l’euphorie et les rêves que l’on a faits une fois le match du Danemark terminé, place maintenant à la déception, à la frustration et au ras-le-bol. On retrouve surtout les réflexes du footballeur tunisien qui ne peut pas enchaîner deux grand matches de suite sur un grand événement comme la Coupe du monde. On peut l’appeler «football émotif» où le cœur et l’envie de gagner sont exagérés pour se transformer en excitation et blocage. Où tout se fait avec les émotions exacerbées : trop de joie, trop de confiance, trop de pression et le tout vous donne cette petite (mais attendue) copie face à l’Australie, un adversaire pas impressionnant mais qui joue juste. Ce football émotif en sélection, on l’endure depuis des années et même si on a eu plusieurs générations de joueurs et de sélectionneurs, c’était presque la même courbe et la même attitude collective : on brille face aux meilleurs quand l’organisation défensive est impeccable, puis on déçoit, on chute face aux sélections de notre niveau et quand la sélection tunisienne est attendue. C’est typiquement propre au footballeur tunisien et aussi aux sélectionneurs et entraîneurs tunisiens dans la mesure qu’ils «aiment» être instables, qu’ils affectionnent à la perfection l’art de minimiser leurs adversaires et se croire meilleurs et imbattables. Cela va dans les gènes de tout le monde, y compris le public et aussi les journalistes. On pense qu’on est les plus intelligents à tous les coups et qu’il suffit de réussir un match (contre le Danemark) pour être sûr de réussir la suite. Et en même temps, qu’est-ce que c’est étrange cette facilité à changer en quelques jours de l’admiration au sarcasme. Jalel Kadri, ses joueurs et son 5-4-1 adulés après le grand match devant le Danemark, puis enfoncés et ridiculisés en un clin d’œil. Cette double attitude et ces jugements versant dans “l’extrémisme” témoignent aussi de l’obsession d’analyser selon l’émotion  et l’instinct (souvent irrationnels) au lieu de la tête et de la conscience.

Où est le métier des Cadres ?

On ne va pas ménager Jalel Kadri qu’on a encensé après le nul devant le Danemark. C’est lui le premier responsable de ce qui est bien et aussi mauvais. Notre ami Kadri a, cette fois, raté ses choix : celui qui excelle dans les stratagèmes défensifs, s’est égaré et calé, à l’image des autres entraîneurs tunisiens qui ne réussissent pas souvent les matches abordables. Pas de précision, pas d’envie collective et nullement de sobriété, les Tunisiens ont raté les 25’ de départ où ils ont perdu les duels aériens et la deuxième balle pour tomber dans la nervosité et le jeu insignifiant. Les joueurs ? Ce n’est  pas la faute seulement à Ferjani Sassi à qui on veut faire porter seul le chapeau. Lent et maladroit  dans les passes, Sassi ne l’était pas seul. Il faut demander des comptes à M’sakni, individualiste et intouchable, qui a raté maintes occasions, il faut demander des comptes à Drager, auteur  d’un ratage monstre qui pouvait changer le cours du match. Et Bronn et Meriah prenables sur l’action du but ? Et Laïdouni, agité et forcené, Sliti cloué à son couloir droit et pas tranchant, sans oublier un Jebali qui n’a pas le profil d’avant-centre classique, on ne peut pas les blâmer ? Et même ceux qui sont entrés, comme Kechrida et Khazri, ils n’ont pas fait la différence. Seul Talbi était sur une autre planète, c’était le seul joueur qui jouait avec le cœur et la tête. Ça reste le joueur qui a fait le plus de progrès évidents. Pour le reste, on s’attend à une réaction d’amour-propre au dernier match face à la France. C’est le seul moyen de les motiver. Qu’ils jouent sans émotivité, ils trouveront la bonne voie.

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