En footballeur chevronné, Moncef Chargui préfère demeurer réaliste que de croire à un miracle. Pour le défenseur international des années 1980, la qualification pour le second tour devait se jouer samedi et non pas aujourd’hui.

Pour les joueurs de sa génération, le football est une passion avant que ce ne soit devenu un métier. Moncef Chargui fait partie de la génération d’amateurs du football, de passionnés de football, loin de l’argent. Une génération pour qui mouiller le maillot est un devoir. Et quand il s’agit d’endosser le maillot de l’équipe nationale, fouler le terrain s’apparente à défendre les couleurs de leur pays, à l’image d’un soldat dans un champ de bataille. Alors, quand on l’interroge sur la prestation de l’équipe nationale lors de ses deux premiers matches au Mondial qatari, Moncef Chargui ne mâche pas ses mots : « Lors de ses deux premières sorties au Mondial, nous avons vu à l’œuvre une équipe de Tunisie avec deux visages, totalement différents, voire opposés. Il y a eu un premier visage d’une équipe de Tunisie qui a réussi à la perfection son premier match, car elle a bien  joué son jeu, confiante et jouant d’égal à égal face à son adversaire, tout en adoptant la bonne attitude. Par ailleurs, je tiens à préciser que Jalel Kadri a aligné cinq défenseurs lors du premier match  et non pas trois comme le prétendent bon nombre d’observateurs. Outre les trois axiaux, nous n’avons pas vu d’excentrés, mais des latéraux ayant assuré leur rôle défensif, ce qui est logique du reste face à un adversaire danois beaucoup plus fort. Et si nous avons réussi à tenir tête aux Danois, c’est parce que nous avons su assurer nos arrières, en alignant cinq défenseurs, tout en jouant l’offensive, mais sans prendre de risques inutiles», nous a déclaré l’ex-international tunisien des années 1980 avant de poursuivre : « Le deuxième visage de notre team national a été moins bon, voire mauvais, que celui qu’elle a présenté contre l’Australie. Face à un adversaire à notre portée et je dirais même qu’il n’était guère meilleur que nous, ni plus fort d’ailleurs, le staff technique n’a pas adopté la bonne stratégie , outre que ses choix étaient erronés. Je ne vois pas, d’ailleurs, pourquoi, il a fait le choix d’aligner trois axiaux. Il aurait dû se contenter d’aligner deux défenseurs centraux et, à la place du troisième axial, faire entrer un régisseur. En ce qui concerne les choix des latéraux, Wajdi Kechrida aurait dû être titularisé à la place de Dräger. En effet, quand nos joueurs ont senti que l’Australie n’était pas aussi dangereuse sur le plan offensif, les latéraux ont commencé à faire des montées, ce qui a créé de l’espace derrière, notamment sur le flanc droit de la défense. Il y a eu cinq, voire six tentatives australiennes sur le couloir droit et, par ailleurs, le but australien a été inscrit à cause d’un mauvais placement de Dräger. Jalel Kadri s’est rendu compte de la défaillance de ce dernier. C’est pourquoi il l’a remplacé à la mi-temps. Mais il n’aurait pas dû aligner à sa place Ferjani Sassi. Ce dernier a constitué une fausse note. Quant à Wahbi Khazri, il a brouillé le jeu collectif ».

« Kadri a joué pour ne pas perdre »

Pour notre interlocuteur, le sélectionneur national a sa grande part de responsabilité dans la défaite contre l’Australie : « Jalel Kadri a joué pour ne pas perdre contre l’Australie. Il a adopté une approche défensive. Or, contre un adversaire à notre portée, il fallait jouer sur nos propres moyens, confiants et offensifs ».

Evoquant le match de cet après-midi contre la France, Moncef Chargui préfère être réaliste : « Il est vrai qu’en football, rien n’est impossible, mais personnellement, je préfère être réaliste. La qualification, il fallait la jouer contre l’Australie. Sur le papier, l’équipe de France est beaucoup plus forte, même si elle évolue essentiellement avec des joueurs remplaçants. Un rapport de force qui devra se confirmer sur le terrain, cet après-midi. Ce que j’attends de la part de nos joueurs, c’est de livrer une belle prestation contre le champion du monde en titre, histoire de quitter le Mondial qatari la tête haute.  A Jalel Kadri de faire les bons choix, en alignant d’entrée Kechrida, Maâloul, Ben Romdhane et Jebali. Je demeure réaliste, mais au fond de mon cœur, je souhaite que le miracle ait lieu cet après-midi ».

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