BIEN avant que le juge d’instruction chargé de conduire l’enquête sur l’affaire dans laquelle seraient impliquées quelque vingt-cinq personnalités appartenant au monde politique, de la communication et des cadres sécuritaires, on assiste quotidiennement, à travers les réseaux sociaux et plus particulièrement les plateaux radio et TV, à un phénomène sans précédent : les présumés individus à qui on reproche, jusqu’à établissement de leur culpabilité ou de leur innocence, d’avoir trempé dans un complot visant la sécurité intérieure et extérieure du pays et qu’on accuse d’intelligence avec des forces étrangères ont, paraît-il, décidé de se rendre justice eux-mêmes en s’adonnant à une politique de défense où ils plaident leur innocence, lors des émissions radio et TV qu’ils animent où ils sont employés comme chroniqueurs.

Ainsi, l’enquête judiciaire diligentée par le ministère public, sur ordonnance de la ministre de la Justice — qu’on oublie toujours et intentionnellement qu’elle a le droit en tant que présidente du ministère public de demander au procureur général de la République, à n’importe quel moment, d’ouvrir une instruction sur n’importe quelle affaire et à l’encontre de n’importe qui — est passée sous silence lors des plaidoiries radiophoniques et télévisées, voire est considérée comme n’ayant jamais été ouverte officiellement.

Et les résultats de ce type de traitement médiatique d’une affaire d’une telle ampleur et d’une aussi considérable importance ne se sont pas fait attendre auprès de l’opinion publique qui est restée perplexe, ne sachant qui croire. Les informations précisent que six parmi les présumés participants au complot sont déjà arrêtés et que tous ceux dont les noms ont été dévoilés dans le document fuité sur les réseaux sociaux sont déjà interdits de voyage en attendant d’être auditionnés par le juge d’instruction en charge de l’affaire ou ceux qui répandent parmi ceux qui veulent les entendre qu’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau ou d’une nouvelle manœuvre visant à salir les personnalités qui s’opposent au processus du 25 juillet.

Il reste, toutefois, et tout en dénonçant les pratiques ou les positions dont l’objectif est de banaliser l’affaire, à appeler le ministère public à intervenir pour mettre les points sur les i, répondre aux déclarations qui sentent le clientélisme et le corporatisme, dissiper les doutes et dire aux Tunisiens, évidemment dans les limites de ce que permet la confi dentialité de l’instruction, les réalités et les faits comme ils se sont déroulés.

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