S’il y a un événement marquant, en cette année 2022 finissant, c’est l’accord préliminaire (FMI-Tunisie) atteint au niveau du staff technique au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) d’une durée de 48 mois et pour un montant d’environ 1,9 milliard de dollars (environ 6,3 milliards de dinars). L’accord  final sera soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI, qui devrait examiner la demande de la Tunisie au mois de décembre.

Il est sans conteste que 2022 est une année difficile sur le plan économique et sociale. Plusieurs éléments factuels confortent cela, en l’occurrence, la guerre en Ukraine, laquelle a eu comme conséquences majeures, pour la Tunisie et pour plusieurs pays, la hausse des prix des matières premières et celle des produits alimentaires. L’autre choc endogène et non des moindres pour la croissance économique est la sécheresse qui a impacté la campagne agricole, le niveau de l’inflation (9,2% en octobre 2022), néfaste pour l’économie nationale à plusieurs titres.

S’il est quasi certain que l’année 2022 ne rentrera pas dans les annales de performance économique du pays, qu’en sera-t-il pour 2023 ? 2023 arrive désormais après trois années de chocs, marquées entre autres par le Covid-19 et la guerre en Ukraine qui a généré d’intenses tensions inflationnistes, toujours d’actualité. Les prévisions pour l’année prochaine sont entourées de beaucoup d’incertitudes liées au contexte géopolitique à l’échelle mondiale et nationale.

Au regard de l’imprévisibilité et la récurrence des chocs, il est de plus en plus ardu d’établir des prévisions économiques. La Banque mondiale prévoit  un taux de croissance en Tunisie, oscillant entre 3,1% en 2023 et 3,5% en 2024. Cette projection tient compte de plusieurs facteurs, pour ne citer que l’accroissement du prix de l’énergie et des aliments sur les marchés internationaux,  et se traduira par un accroissement du déficit budgétaire. La BM a considéré que le déficit budgétaire allait clôturer l’année 2022 avec une valeur correspondant à -9,3% du PIB. Ce taux serait de l’ordre de -6,1% en 2023 et -5,2% en 2024.

Alors que la Banque mondiale et d’autres institutions financières prévoient une récession mondiale en 2023, avec de graves dommages durables pour les économies émergentes et en développement, la Tunisie doit se diriger impérativement vers une amélioration économique, sociale et politique. Certes, la tâche est lourde et délicate tant les défis internes et externes sont énormes mais elle n’est pas impossible.

 

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