Mis sous les feux de la rampe pendant le dernier Sommet de la francophonie, Djerba est aussi un trésor sur le plan archéologique. Pour voir où en sont les choses aujourd’hui, nous avons posé ces questions à Sami Ben Tahar qui travaille justement sur les sites de Djerba actuellement.   

A quand remontent les premières fouilles archéologiques à Djerba ? 

Les premières fouilles ont eu lieu à Meninx en 1881 sous la conduite du commandant Massenet en 1881, relayé par la suite par Lieutenant Gilbert en 1881 et 1882.

Quelles sont les grandes découvertes archéologiques sur l’Île d’Ulysse ?

Durant la première moitié du XXe siècle, on peut citer la découverte à Meninx de 14 piliers sculptés en marbre représentant des Barbares et des Victoires, la découverte de la basilique civile de Meninx en 1942 par P.M. Duval.

La découverte de la nécropole punique de Souk el Guébli par Ratel Gontran vers 1950 ainsi que la découverte de la basilique civile de Meninx en 1942 par P.M. Duval et la découverte de la nécropole punique de Souk el Guébli par Ratel Gontran vers 1950. Plus tard, il y a eu la découverte du port antique de Meninx en 2018 par une équipe tuniso-allemande (INP- Association Bavaroise pour les études sous-marines), la découverte des Horrea (entrepôts) par A. Drine au début des années 2000.

La découverte de la basilique chrétienne de Bou Merdès à Meninx par P. G. Reynier en 1887, de la tombe tardo-républicaine de Marguène en 2006 (INP, Sami Ben Tahar), Le sanctuaire néo-punique de Lella Tala, découvert par A. Drine (INP, Tunis) et les vestiges d’un habitat archaïque à Henchir Bourgou : une agglomération urbaine de plan radio-concentrique d’origine protohistorique dans le cadre d’un projet de coopération internationale entre l’INP (représenté par Sami Ben Tahar) et l’Institut archéologique allemand, représenté par Philipp Von Rummel. Je parlerais aussi de la mise au jour du mausolée libyco-punique de Henchir Bourgou auquel une publication magistrale a été consacrée par N. Ferchiou en 2009. Pour les curieux il y a eu la parution d’une importante monographie éditée par S. Ritter et S. Ben Tahar, intitulée «Studies on the Urban History of Meninx (Djerba)» (Arschäologische Forschungen, 43), Berlin, 2022.

Actuellement, il y a des recherches en cours sur le site de Henchir Bourgou et son territoire en partenariat avec l’Institut archéologique allemand (siège central, Berlin) qui ont livré des vestiges archaïques, à savoir des vestiges d’habitat du 8e s. av. J.-C. et des sépultures du 7e s. av. J.-C. avec un mobilier grec et punique.

Où en sont les choses actuellement. Djerba est-elle encore capable de livrer des secrets ? 

L’île est loin d’avoir livré tous ses secrets, bien au contraire : il reste encore beaucoup de zones d’ombre. En effet, la phase protohistorique est mal saisie ; la manière d’occuper l’espace avant l’arrivée des Phénico-puniques est peu connue ; les premières traces d’installation humaine à Djerba n’ont pas encore été mises au jour; on ne sait pas à quelle époque remontent les premiers contacts des insulaires avec les autres peuples méditerranéens; on a toujours du mal à apprécier la place du commerce transsaharien dans l’économie de l’île à l’époque antique…

Il y a des sites qui sont complètement inexplorés, tels que Guellala, l’antique Haribus, connu exclusivement à travers quelques sculptures et des trouvailles de surface.

La phase punique de Meninx est peu documentée, tout comme son habitat et ses édifices sacrés pré-romains ; tout cela justifie pleinement la nécessité de poursuivre les recherches de terrain, malgré tous les résultats déjà obtenus.

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