Après les moments de joie et de fierté du dernier match contre la France et la tristesse d’avoir raté quand même le passage au second tour, place maintenant à l’ analyse de fond de cet échec.

L’après-Coupe du monde est toujours délicat dans la vie d’un joueur et d’un chef de staff technique. Surtout qu’on est parmi les premières équipes éliminées de cette grande compétition mondiale. Que de regrets de n’avoir pas réussi à passer à la seconde phase et à ces matches passionnants à élimination directe ! Les Aigles de Carthage, qui ont regagné Tunis hier matin à l’aurore, ont besoin de temps pour digérer cette sortie prématurée du Mondial et ce rêve brisé de n’avoir pas su aller jusqu’au second tour alors que la chance leur a souri, cette fois et plus que jamais, pour réaliser ce bel objectif derrière lequel on n’a cessé de courir depuis notre première participation en phase finale en 1978. La victoire sur le champion du monde en titre, la France, n’aura été en fin de compte qu’une lumière qui atténue la déception de l’élimination. On peut être fiers de ce succès éclatant même s’il semble être en suspens après la réclamation et la réserve technique formulée par la Fédération française de football contre l’arbitre qui, selon elle, «a fait infraction aux règlements de l’Ifab concernant le recours à la VAR pour annuler le but de Griezmann après l’avoir validé, sifflé la reprise du jeu exécutée par les Tunisiens puis la fin du match». Si cette réserve aboutit, on sera classés toujours troisièmes mais avec deux points seulement comme capital et notre déception d’être passés à côté de l’évènement ne fera que grandir. Surtout pour ceux qui ont disputé leur dernière Coupe du monde et n’auront plus la possibilité de rachat en 2026.

Ne pas se cacher derrière l’exploit

Bien sûr, on ne doit pas gommer ce beau match contre la France de notre mémoire et de notre histoire mais gare aussi à en faire un arbre qui cache la forêt et un prétexte pour ne pas faire l’analyse objective de ce qui n’a pas bien fonctionné dans cette Coupe du monde et de ce qui nous manque en qualité de joueurs et en valeur et compétence de tout le staff technique qui doit être à la tête du groupe. On nous dira que de grandes nations de football comme l’Allemagne et la Belgique ont connu le même sort que nous et sont rentrées, elles aussi, très tôt. On leur rétorquera pourquoi ne pas regarder du côté du Maroc qui a fait un premier tour exceptionnel et a assuré sa deuxième qualification au second tour dans son histoire, après 1986, en finissant en tête d’un groupe où il y a le vice-champion monde 2018, la Croatie de Modric, et le demi-finaliste, la Belgique, avec 7 points qui est un capital points jamais atteint par une équipe arabe ou africaine dans le Mondial. Et du côté du Sénégal qui, lui aussi, est passé en huitièmes de finale, haut la main, et avec tous les honneurs Et du côté du Japon qui a terrassé l’Espagne. La question que l’ont doit se poser : Pourquoi pas nous ? Notamment avec l’avantage de ce public en or qui a accompagné et soutenu avec ferveur notre team national au point que, comme l’a affirmé Didier Deschamps, nos adversaires n’avaient pas l’impression de jouer en terre et en stades neutres. Sans doute parce que le haut niveau exige plus qu’un collectif soudé et homogène avec des joueurs de bon niveau. Les équipes ont besoin aussi de joueurs de talent exceptionnel qui peuvent faire la différence. Surtout dans le secteur offensif où il faut marquer des buts, plus de buts que l’adversaire. Des milieux créateurs et finisseurs comme ceux des Lions de l’Atlas, Hakim Ziyech, et des attaquants qui sont des buteurs-nés Comme Achraf Nassiri. Pour prendre de l’avance au score et un ascendant psychologique bénéfique dès le départ. Le Maroc a scellé le sort de son match décisif contre le Canada dès la première mi-temps. La seconde période a suffi pour gérer cette avance conséquente. Le haut niveau exige aussi des sélectionneurs qui savent fédérer un groupe, un ensemble hétérogène, des joueurs cadres qui ont des personnalités et des caractères différents et qui n’ont pas la même vision du meilleur système de jeu auquel ils doivent s’adapter. Le sélectionneur marocain Walid Ragragui a réussi à faire en quelques mois ce que n’a pu faire Hervé Renard en un temps beaucoup plus long. Ce sont des leçons et des enseignements bons à retenir et à prendre en considération pour effectuer la dure remontée de la pente. La préparation de la prochaine Coupe du monde doit commencer bientôt et pas au moment du tirage au sort et du début des matches éliminatoires.

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