De part et d’autre d’un écran plutôt de TV, d’où se faufilent successivement les trois comédiennes la mère, la fille Daddou et la belle-fille Zeyneb(Meriem Ben Hassen, Nadra Toumi, Amel Farji) et les deux comédiens représentant les deux frères Youssef et Lamine, se jouent les quatre volets de la pièce, résultat d’une écriture dramaturgique collective, d’après une adaptation de Hamdi Hmaïdi d’un texte de Jean-Luc Lagarce.

Cinq comédiens qui vivent cahin-caha et puis intensément les heurs et malheurs qui traversent leur vie familiale, autour d’une mère esseulée, une veuve éplorée, affectée par les disputes des frères et sœurs, mais joyeuse par moments et le retour impromptu au foyer de son fils de ses pérégrinations après une longue absence, atteint de surcroît d’une maladie incurable, va raviver les soupçons, rancunes et disputes malencontreuses du temps passé. Bref, de violents mécontentements.

Sur scène, le manège tourne, tourne à l’encontre des uns et des autres dans un sens comme dans l’autre, sans pitié accordée, des uns aux autres.

Les colères s’aigrissent, alors que les cinq membres de la famille semblent se retrouver autour d’une table pour partager avec le frère revenant les délices de la cuisine d’antan. Les mets des menus grillent avant d’être servis et les disputes éclatent, les voix se lèvent très haut,  les vaisselles s’éparpillent et les couverts se brisent sous l’effet du vacarme, des boucans et de la colère débordante des membres de la famille.

A chacun, des membres de la famille, sa vérité. Comme chez le dramaturge italien L. Pirandello. D’ailleurs, la comparaison ne s’arrête pas là : les cinq comédiens de la pièce (au lieu de six chez Pirandello) cherchent leurs textes, à travers l’adaptation de Hamdi Hmaïdi. Tout y est mis. D’ornements en fioritures, l’improvisation bat son plein. Un texte qui désarçonne. L’on ne sait pas trop si c’est la verve  de l’adaptateur ou les réussites de l’écriture collective. Un beau texte finalement qui n’a pas besoin de lancer des messages autres que le plaisir de le suivre et de bien l’écouter. Et que les performances de A. Choueyet ont amplifié.

Avec une très bonne mise en scène de Hatem Derbal qui a tout bien enveloppé par de très bons extraits musicaux et une régie très réussie.

Les costumes, superbes et fonctionnels, bien adaptés aux personnages ainsi que les lumières bien judicieux.

Tout ceci a été bien contenu par la fameuse scène, plutôt carrée que  rectangulaire, du théâtre de poche d’Al Hamra (24 rangées de chaises réparties en face de la scène que remplissent tout au plus 250 à 300 personnes. Un bijou que le théâtre doit à son orfèvre feu Ezedine Guennoun dont l’âme emplit l’espace et qui resplendit à travers sa fille Cyrine dont la présence est rayonnante à travers non seulement sa très bonne direction de l’espace mais également à travers sa production. Rappelons-nous seulement Waraa Al-Chams (derrière le soleil) et Rboua Wakt(un quart de temps).

Ali BEN LARBI

Charger plus d'articles
Charger plus par La Presse
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire