La Tunisie place la digitalisation de son administration en tête de ses priorités pour moderniser son économie, ses services mais aussi tous les autres secteurs. Sauf que jusqu’à présent, les Tunisiens se plaignent toujours de la lourdeur de l’administration et de certaines procédures bureaucratiques. L’Etat est-il en mesure de surmonter ces difficultés qui entravent souvent les initiatives d’investissement et d’entrepreneuriat ?

Les difficultés relatives à la lourdeur administrative, si parfois elles apparaissent insignifiantes, sont à l’origine du blocage de certains grands projets et les exemples ne manquent pas. Si au départ la bureaucratie renvoie à une forme d’organisation extrêmement hiérarchisée, centralisée et efficace, en Tunisie elle est à l’origine de plusieurs entraves qui mettent à mal les intérêts des Tunisiens et de l’Etat lui-même.

Des petites procédures aux documents les plus simples, passant par les longues opérations administratives portant sur l’investissement, ce contexte n’épargne pratiquement aucune activité. Selon plusieurs rapports élaborés par les bailleurs de fonds de la Tunisie, les formes de bureaucratie seraient l’une des premières causes de corruption.

Cette situation touche même aux œuvres caritatives des Tunisiens résidant à l’étranger voulant souvent venir en aide à leur pays. C’est le cas de Belgacem Hassine, membre de l’Association franco-tunisienne, lui qui se dit victime de ces procédures.

Témoignant pour La Presse de ces difficultés bureaucratiques entravant certaines actions de bienfaisance au profit des régions intérieures de la Tunisie, il raconte l’histoire d’une ambulance restée bloquée depuis 2014 dans les services douaniers alors qu’elle était destinée à l’hôpital régional d’Enfidha. «Je ne pouvais même pas avoir une information claire sur cette situation, cela n’était pas possible au vu de la complexité des procédures et de l’implication de plusieurs intervenants», témoigne-t-il.

Au fait, le cas de Belgacem Hassine n’est pas rare, de nombreux Tunisiens témoignent de situations pareilles pour différentes opérations, parfois simples et qui ne nécessitent pas de longues procédures.

Que faut-il faire ?

Nul ne doute que la lourde machine administrative est en train d’entraver de grands projets d’envergure nationale, mais aussi de compliquer le quotidien des Tunisiens. Il faut rappeler qu’un Conseil ministériel présidé par la Cheffe du gouvernement a eu lieu en mai dernier portant sur cette question. Ce conseil s’est penché sur ces barrières bureaucratiques qui sont, parfois, à l’origine de la corruption. 

Il a d’ailleurs jugé nécessaire d’entamer l’ère digitale en Tunisie et d’alléger les procédures administratives au maximum. C’est dans cet objectif que le gouvernement avait lancé il y a deux mois le premier service d’identité numérique. 

Il permet à l’utilisateur d’accéder de manière sécurisée aux portails gouvernementaux ainsi qu’aux services électroniques sans utiliser un nom d’utilisateur, un mot de passe ou d’accès très difficiles à mémoriser et à protéger contre le piratage.

Il leur donne également la possibilité «d’effectuer les procédures administratives d’une manière facile et simple, sans avoir besoin de se déplacer».

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