A quelques jours des législatives, Ennahdha lance un nouvel appel pour une marche dite du «salut». C’est un ultime sursaut pour ce parti englué dans maintes affaires judiciaires et dont plusieurs responsables sont entendus par la justice pour montrer au monde qu’il peut encore mobiliser la rue. Après sa faillite politique et sa gestion catastrophique du pays, voilà qu’il essaye de nouveau de gagner par la rue ce qu’il ne peut plus récolter à travers les urnes. Pour cela, il compte tourner à son profit un bilan sinistre de l’action d’un gouvernement jusque-là défaillant à tous les niveaux et qui a été incapable de rallumer les moteurs de la croissance. Ce qui a poussé le Chef de l’État à multiplier ses visites sur le terrain, allant même jusqu’à remonter les bretelles à quelques ministres à propos de leur incapacité à agir promptement sur certains dossiers délicats tels que l’envolée des prix alimentaires de base, la pénurie de médicaments ou l’affaire du naufrage d’une embarcation à Zarzis. En effet, l’équipe de Bouden, qui s’est emmurée dans un silence sans fin, évitant ainsi de communiquer publiquement et adroitement avec ses partenaires sociaux, les médias et par conséquent les citoyens, pensait lisser la crise par un «travail en silence», a enchaîné les crises de l’incompréhension et a laissé le terrain propice à l’interprétation et à l’analyse approximative, le tout assorti par des «solutions» provisoires qui se font sur le dos de la classe sociale par des augmentations sans fin et des mesures douloureuses qui n’ont fait que creuser davantage le lit des disparités et ramener le seuil de pauvreté à des niveaux insupportables.

Cette équipe, dont les membres se regardent en chiens de faïence, traîne depuis sa nomination des dossiers insolubles sur les bureaux tels que celui de la compensation, de la réforme des entreprises publiques et des équilibres budgétaires. Elle continue pourtant à agir comme si elle était en retrait des lignes de feu, alors qu’Ennahdha et ses compères attaquent frontalement et que leur principale force est justement cette faiblesse et mollesse de l’action gouvernementale. Car la rue, dont se détourne cette équipe par peur ou par mépris, risque de s’enflammer et de tout emporter dans le sillage de son ébullition.

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